La révolte gronde dans les communes concernées par le projet de ligne à haute tension Boucle du Hainaut (380 kV) et de la demande de révision du plan de secteur.

Ainsi, à Grandmetz, le couvercle de la marmite tremble. Alors qu’un collectif s’est créé dans le village pour s’opposer au projet et proposer un tracé alternatif, de nombreux habitants du hameau de Dameries (Grandmetz) se sentent mis à l’écart depuis le début.

Comme d’autres riverains de Dameries, Ysaline Remy, par ailleurs conseillère communale (MR), met surtout en avant le manque de communication.

"Des habitants excentrés comme nous à Grandmetz ou à Chapelle-à-Wattines estiment qu’ils ont été oubliés et que la communication a été incomplète et tardive. Le collectif de Grandmetz, constitué d’habitants du centre, refuse le tracé d’Elia en aérien et en a proposé un autre mais sans consulter les habitants de Dameries. La Ville de Leuze a aussi avancé son tracé, qui ressemble à peu de chose près à celui du collectif de Grandmetz. On aurait quand même pu venir nous voir pour nous en parler."

Car ces différents tracés ne conviennent pas aux habitants de Dameries, qui tiennent à leur environnement par-dessus tout.

"Nous habitons un coin magnifique, que nous avons choisi, poursuit Ysaline Remy. Nous aurions aimé une plus grande concertation, pour trouver des solutions tous ensemble et pas que chacun travaille dans son coin. Ici, comme l’enquête se termine ce lundi 12, nous avons été obligés de proposer nous aussi deux tracés pour qu’ils soient analysés comme c’est prévu par un bureau indépendant. C’est la seule solution pour nous faire entendre alors que nous n’avons même pas envie de proposer un tracé. On ne souhaite pas refiler la patate chaude à d’autres personnes."

Plusieurs habitants de Dameries se sont mis autour d’une table et pour eux, la meilleure solution, disons la moins mauvaise, consisterait à enfouir la future ligne à haute tension. Ysaline Remy le confirme. " L’enfouissement coûte cher, paraît-il. Mais en Allemagne, des kilomètres et des kilomètres de ligne ont bien été enfouis. Pourquoi pas ici ?"

Pas moins de 150 courriers seront remis à la Ville de Leuze. Un point positif est à relever, tout de même, dans le cadre de ce dossier. "Entre voisins, nous ne nous connaissions pas tous. Au moins, ça nous aura permis de faire connaissance", assure Ysaline.

Un monstre à la campagne

Nous avons aussi contacté une habitante de Chapelle-à-Wattines, qui dénonce également un manque d’information et l’absence de consensus. "Écoutez, je ne suis même pas impactée directement par cette ligne à haute tension mais je veux me battre pour les autres, que ce soit les habitants du hameau de Dameries, de Chapelle-à-Wattines ou d’Houtaing. Je ne conçois pas la manière de procéder utilisée ici, à savoir faire du porte-à-porte en faisant signer un document contre le projet. Enfin, passe encore. Mais le plan montré aux gens n’était pas correct. Des habitants ont d’ailleurs voulu ensuite récupérer le document qu’ils avaient signé, c’est vous dire. Ces personnes se sentent lésées."

Cette citoyenne se dit révoltée. Pour elle, si chacun vient avec son propre plan, la cacophonie va régner. "Les gens vont se déchirer alors que le but ici serait quand même de trouver un tracé qui impacte le moins de monde possible. Chacun est contre ce monstre qui va détruire nos campagnes et qui aura des conséquences sur la santé et le mental des personnes impactées. Encore une fois, on ne peut pas la jouer solo dans ce genre de situation. Or, c’est ce qui s’est passé ici, alors qu’en Belgique, l’union fait la force. Si le gouvernement wallon accepte la modification du plan de secteur et que la procédure se poursuit, il faudra trouver une solution qui agrée un maximum de gens, alors…"

Deux tracés proposés et l'enfouissement souhaité.

Dans leur courrier transmis à l’administration communale, "le s habitants excentrés de Grandmetz et des villages avoisinants", comme ils se nomment, expriment leurs griefs.

"Par principe, nous sommes opposés au tracé aérien actuel proposé par Elia. Nous sommes également opposés au tracé dit citoyen et à ses variantes, au tracé du collège communal ainsi qu’au tracé d’Ideta."

Elia avait indiqué que le tracé de la ligne devait répondre à des critères. "Or, le tracé dit citoyen s’approche dangereusement d’un site Seveso comme l’usine Rosier à Moustier, avancent les habitants de Dameries. Et puis, les tracés proposés par Ideta, le collège communal de Leuze et le tracé dit citoyen et ses variantes font subir un impact aussi important à des habitations que le tracé originel. Et les critères environnementaux et patrimoniaux ? Le tracé d’Ideta, celui du collège communal et celui dit citoyen dans ses diverses variantes les ignorent. Par exemple, le château de Grandmetz."

Les "excentrés" proposent donc deux tracés, "plus simples et plus logiques" et, rappelons-le, ils prônent avant tout l’enfouissement. "Le premier tracé est assez identique à celui d’Ideta. Le second se situe plus au sud. Il suit la N60 sur une bonne distance avant de rejoindre la ligne existante. Ces propositions épargnent le patrimoine culturel du village. Elles coupent moins de routes et moins d’habitants seront donc impactés. Il s’agit d’un travail mûrement réfléchi."