Les chaussures sont interdites pour actionner le rouet, qui sert à appliquer un certain degré de torsion à la laine. Ensuite, la coordination entre les mains et les jambes doit s’opérer. Charlotte file. Tout se passe bien. Elle vient de lancer un atelier de filature de laine. Un véritable changement de vie.

Originaire de Tournai, Charlotte Fontaine réside à Harchies depuis trois ans, rue Buissonnet. Pendant douze ans, elle a officié comme…hôtesse de l’air. "Mais le métier ne me correspondait plus du tout, dit-elle. J’ai changé de mode vie, plus écologique. Ma compagnie a en plus fait faillite et je me suis retrouvée demandeuse d’emploi. L’occasion de faire ce qui me convenait vraiment, quelque chose qui ait du sens."

Elle est venue s’installer avec sa famille à deux pas du canal, sur une propriété lui permettant de vivre en lien direct avec la nature. Charlotte tricote déjà depuis longtemps. Elle a donc envisagé aussi d’apprendre à filer, en accomplissant les gestes d’époque sur les rouets.

"C’est devenu une passion. Dans certains pays anglo-saxons, la Nouvelle-Zélande par exemple, filer est un vrai hobby, comme le tricot. Chez nous, la laine est souvent jetée. Il reste une petite filière. Pourtant, certaines laines sont de véritables trésors à travailler. En plus, il s’agit d’une matière écologique, qui dure. J’ai appris les différentes étapes du processus, tri d’une toison, lavage…Je souhaitais travailler la laine mais je ne trouvais pas forcément de laines en accord avec les critères éthiques que je me fixais. Je voulais de la laine locale et durable, issue de moutons qui ne soient ni élevés ni tués pour leur viande. J’ai décidé de travailler avec des refuges."

Charlotte a maintenant son propre atelier : le goupil file et les cocottes tricotent, une appellation imaginée en observant le comportement des poules.

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Formations

Elle entend proposer sa propre production. "Je vais travailler mes laines et les proposer à la vente mais aussi concevoir des objets, par exemple à la demande. Pour un pull, il faut compter une centaine d’heures de travail. Un bonnet, c’est 8 heures. Je compte organiser également des formations et des ateliers."

Charlotte Fontaine a été aidée dans son projet par l’ADL de Bernissart ainsi que la structure d’accompagnement AVOMARC. Elle n’attend pas monts et merveilles au niveau des rentrées financières liées à son activité mais espère tout de même que son projet se développera convenablement.

"Je me lance. C’est un test grandeur nature. Je dresserai le bilan dans 18 mois."

L’atelier de Charlotte est accessible le mercredi de 10 h à 18 h et également sur rendez-vous. Le samedi, elle organisera des formations, notamment le 15 mai (filage au fuseau), le 22 mai (initiation au tricot avec aiguilles circulaires) et le 29 mai (découverte de la laine et de sa transformation).

A noter que Charlotte va aussi travailler les poils de chien !

Infos via legoupilfile@gmail.com, au 0496/49 25 85 ou encore sur la page Facebook Le Goupil File, les cocottes tricotent

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