Comme beaucoup d’indépendants du secteur de l’esthétique, Isabelle Vasta a dû patienter. Voici une semaine, elle a pu rouvrir les portes de son institut à Harchies qui était donc fermé depuis début novembre. Un soulagement tout de même.

"J’ai pas mal de rendez-vous. J’ai l’impression que les gens étaient vraiment en attente, plus qu’après le premier confinement. Ça devenait long et ils avaient envie de prendre soin d’eux. J’ai reçu des demandes pour des soins visage et des massages également. La totale. J’ai une spécialisation en massothérapie. Je possède également un espace wellness avec jacuzzi mais que je n’ai pas encore pu rouvrir. Néanmoins, fin d’année dernière, j’ai remarqué que les chèques-cadeaux fonctionnaient très bien pour l’espace wellness alors que personne ne savait encore quand ils allaient rouvrir. Ce qui prouve qu’il y a une attente, que les gens ont envie de se faire plaisir."

© Devaux

Bachelière en droit à la base, Isabelle n’a pas hésité à se réorienter professionnellement et à se former aussi afin de diversifier son offre. Il faut dire qu’avec son bagage, elle peut cocher plusieurs codes en tant qu’indépendante, de manière à élargir son panel d’activités.

"J’ai débuté par les soins des ongles avant de développer mon centre d’esthétique. J’ai également suivi une formation en massothérapie et avec des collègues, je travaille d’ailleurs régulièrement dans des instituts installés dans des chaînes hôtelières. Il y a deux ou trois ans, j’ai aussi décidé de me lancer dans la maroquinerie. Pendant les dernières fêtes, ça a cartonné, au point que j’ai dû refaire des commandes. Les clientes ont eu tendance à moins se déplacer et à plutôt faire confiance aux petits indépendants du coin comme moi. Elles ont aussi voulu m’aider à traverser cette crise."

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Depuis quelques semaines, Isabelle a débuté une nouvelle aventure en se lançant dans les vêtements. Une corde supplémentaire à son arc déjà bien fourni. "Depuis pas mal de temps, des clientes qui viennent ici pour des soins me sollicitaient pour les aider à trouver des vêtements qui puissent convenir à leurs formes généreuses. Quelque part, elles m’ont incitée à commencer dans ce secteur. J’ai commencé par les grandes tailles mais d’autres clientes m’ont demandé aussi de penser à elles. Comme je ne voulais pas me cantonner à un type de femmes, je propose du 36 au 54-56. Je ne prends jamais plusieurs fois la même chose. Quand je fais des commandes, j’envoie des photos et les clientes me réservent en fonction de leurs goûts. On essaie de cibler. Je travaille à la demande. On regarde ensemble ce qui pourrait leur convenir."

Isabelle Vasta n’a pas de magasin à proprement parler et tout fonctionne sur rendez-vous. "Pas question par exemple qu’une cliente vienne choisir des vêtements alors que je suis occupée à faire un soin à une autre."

Les hommes aussi

Si Isabelle a plutôt bien traversé la crise, elle se pose quand même des questions sur la suite des événements. "Mon institut est chez moi. Je n’ai donc pas de loyer à payer et les aides qui sont octroyées m’ont suffi. Maintenant, quand nous n’aurons plus les aides, ce sera peut-être autre chose. En plus, ici, les gens ont envie de se faire plaisir mais avec les effets de la crise qui vont seulement arriver et les pertes que tout le monde est en train de subir, ils vont perdre du pouvoir d’achat et feront donc plus attention. On verra."

Si les femmes constituent la plus grande partie de sa clientèle, les hommes aussi viennent se faire chouchouter, à l’image d’Ezio.

"La belle saison revient et il était temps pour moi d’effectuer un dépoussiérage, dit-il en souriant. Aujourd’hui, j’ai donc demandé à Isabelle une épilation recto-verso, torse et dos. Je viens avant tout pour mon bien-être personnel, pas pour le regard des autres. Avec elle, j’ai confiance. On n’est pas dans le business, elle n’est pas là pour remplir son tiroir-caisse. Elle prend son temps. Je me sens à mon aise. Si tu aimes ce que tu fais, le client le ressent. Il faut se faire plaisir. J’ai fait 30 kilomètres pour venir ici."

Ezio se couche sur la table prévue à cet effet. L’épilation peut commencer. Dans quelques minutes, il sera tout neuf !