Beloeil - Péruwelz - Leuze La décapitation de l’oie trouve ses origines au Moyen Âge.

Ils ont une nouvelle fois "coupé l’tiète à l‘biète" , perpétuant ainsi la tradition. Les Hussards d’Harchies se sont réunis sur la place du Trieu pour procéder à une cérémonie dont l’origine est à trouver en remontant le temps jusqu’au Moyen Âge. Objectif : décapiter une oie qui a été préalablement tuée.

"Au départ, un conflit avait opposé le seigneur d’Harchies à celui de Pommerœul", explique Gérard Blois, membre actif des Hussards depuis sa plus tendre enfance. "Le conflit avait tourné en faveur du seigneur d’Harchies et son opposant devait alors lui verser une dîme. Maintenant, difficile de dire s’il s’agissait d’une vache ou de pièces d’or mais l’histoire dit qu’au fil des ans, cette dîme a pris la forme d’une oie."

La célébration a lieu le mercredi qui suit le premier dimanche de juillet. La veille de la cérémonie, les Hussards vont donc chercher l’oie à Pommerœul pour la ramener à Harchies.

Le mercredi soir, elle est présentée au public puis enterrée jusqu’au cou. Chaque Hussard tente alors, les yeux bandés, de la décapiter avec un sabre. Celui qui y parvient paie la tournée aux autres. L’événement se déroule en musique et selon des codes et des rythmes bien précis.

Évidemment, la décapitation de l’oie a ses détracteurs, mais Gérard Blois estime que la polémique n’a pas lieu d’être. "Par le passé, nous avons eu des plaintes, mais je rappelle encore une fois que la bête est tuée préalablement et aussi convenablement. C’est important de le souligner. C’est du folklore."

On peut parler de tradition ancestrale pour cette société royale. "Les premiers statuts ont été enregistrés au bureau de Quevaucamps vers 1814-1815", précise ainsi Gérard.

Les Hussards procèdent tous les ans au tir du roi, à l’arc, qui remet donc son titre en jeu chaque année. "S’il décroche le titre trois années d’affiliée, il devient alors empereur mais à vie cette fois", poursuit Gérard Blois. "Les titres de major et de capitaine s’obtiennent quant à eux aux enchères. Ils sont octroyés à celui qui donnera le plus."

Au fil du temps, la relève tarde à pointer le bout du nez et c’est là le principal tracas des Hussards. Néanmoins, la présence de jeunes et même d’enfants qui ont d’ailleurs été invités à prendre part aux célébrations sonne comme une lueur d’espoir pour la société qui aimerait continuer à ramener la fameuse oie de Pommerœul à Harchies, non pas dans un état d’esprit belliqueux mais plutôt convivial.