Noémie et Geoffrey voient les marchés fermer tour à tour. Ils se posent des questions.

Dans l’entité de Belœil, les marchés, du moins en ce qui concerne l’alimentaire, sont maintenus cette semaine. C’est ainsi que ce mercredi on retrouve des indépendants aussi bien à Basècles qu’à Belœil. Parmi eux, la Crémerie des prés, qui officie à Belœil-village le mercredi.

Noémie Hermans et Geoffrey Doye ont débuté cette aventure il y a douze ans et proposent différentes variétés de fromage sur les marchés. Mais, depuis une semaine, il y a du changement.

"C’est à partir de jeudi passé et des mesures annoncées de confinement que les marchés ont commencé à fermer tour à tour, indique Noémie Hermans. Habituellement, nous sommes présents sur six marchés chaque semaine. Ici, il ne nous en reste qu’un, à savoir Belœil. Et encore, c’est maintenu mais pour cette semaine. Nous attendons des nouvelles pour la suite."

Dès le milieu de la semaine dernière, Noémie et Geoffrey, comme beaucoup de professionnels du secteur, avaient planché sur des solutions alternatives, en proposant par exemple des livraisons à domicile.

Ce vendredi, ils vont tenter une autre expérience. "Vendredi matin, nous allons ouvrir à la maison. C’est un essai. On verra ce que ça donne" , explique Noémie.

Le rendez-vous est donc fixé à la rue Pré-à-Parchon (102) à Basècles.

Noémie et Geoffrey seront ensuite tributaires des décisions gouvernementales mais aussi communales concernant la prolongation ou pas de la fermeture des marchés. Et ils se posent des questions.

"Le gros souci, c’est que pour pouvoir bénéficier des aides il faut être à l’arrêt total. Et puis, avec la fermeture des marchés dans de nombreuses communes, réguler le stock de marchandises est quand même beaucoup plus difficile. Donc, on se demande si on ne va pas arrêter tout temporairement en attendant le retour à la normale", assure Noémie.

Cette dernière le rappelle : la santé avant tout ! Mais elle fait part également d’un certain sentiment d’incompréhension. "Je ne critique personne, mais le marché se déroule en extérieur. Nous respectons d’office la distanciation sociale d’1,50 m. Nous avons déjà un comptoir qui fait un mètre de profondeur, sans parler de la planche pour la découpe. Et puis, généralement, les gens qui viennent au marché savent ce qu’ils veulent et se dirigent directement vers les échoppes qui les intéressent. C’est encore plus vrai depuis le début de cette crise sanitaire. Je n’ai rien contre les grandes surfaces mais, quand je vois qu’elles restent ouvertes et que la distanciation sociale y est quand même difficile à maintenir, je ne comprends pas tout. Une fois encore, ce sont les petits qui pâtissent."

Autre argument mis en avant par Noémie, le lien social. "Pour beaucoup de personnes isolées, le marché est quasiment la seule sortie de la semaine."

Une sortie encore possible à l’heure actuelle à Belœil. Pour combien de temps ?