Si vous croisez dans Leuze deux femmes bourrées d’énergie et toujours prêtes à lancer un bon mot, ne cherchez pas : il s’agit des Sœurs Coquelicot. Leur mission : aller offrir un peu de réconfort aux personnes souvent isolées.

Ce projet, lancé à partir du centre culturel de Leuze, est né durant le premier confinement. "Nous cherchions à proposer une action dans un esprit de proximité pour apporter un peu de gaieté à des gens qui étaient quand même déstabilisés par l’arrivée du virus", indique Katheline Toumpsin, directrice du centre culturel leuzois.

"Tout le monde connaît les Crieurs de rue ou les Facteurs d’amour et nous avions planché sur un projet de cet ordre, sous forme de pièce de théâtre de rue avec un amplificateur pour que toute la rue en profite. Sauf que cette idée n’a pu se concrétiser en raison notamment du risque d’attroupements."

L’équipe du centre culturel a donc exploré d’autres pistes qui l’ont menée vers les Sœurs Coquelicot, alias les comédiennes Vinciane Geerinckx, une Leuzoise et Isabelle Baivier, d’Houtaing. Un duo formé depuis peu.

"Il y a bien des livreurs de pizzas, alors pourquoi pas des livreuses de moments de bonheur ? Le but était d’organiser quelque chose de plus confidentiel afin justement d’éviter les attroupements. Nous avons ciblé un public constitué de personnes plutôt isolées et âgées, qui n’ont pas l’habitude de recevoir du monde. Nous avons contacté l’équipe solidaire sociale, qui a de l’expérience à ce niveau et qui organise, par exemple, le goûter de Noël."

Ainsi, pas moins de 90 habitations ont été ciblées, des gens assez éloignés de prime abord de la culture. Ces personnes ont été appelées pour convenir d’un jour et d’une heure de rendez-vous avec les Sœurs Coquelicot et la tournée des sœurs a pu se dérouler en juillet dernier.

"Elles ont proposé un spectacle de 15 minutes en effectuant du porte-à-porte chez les personnes contactées. Elles se donnent la réplique et chantent sur le seuil de la porte, un peu à l’abri des regards pour que cet esprit de proximité rassure les gens qui n’ont pas souvent l’occasion de voir débarquer des inconnues de ce type chez eux", confie Katheline.

Des bénévoles formées par les Sœurs

Un coquelicot en papier, confectionné lors d’ateliers créatifs, a été distribué à chaque personne. Le choix du coquelicot n’est pas innocent. Dans le langage des fleurs, il véhicule des valeurs de réconfort et de résilience. Il constitue aussi un symbole fort de la Première Guerre mondiale et évoque le souvenir des personnes disparues.

"Avec ses milliers de graines, il représente la vie. Nous avons recontacté les personnes après le passage des Sœurs Coquelicot et les retours étaient vraiment positifs. Désormais, le but est que les Sœurs puissent former des personnes bénévoles qui à leur tour iront amener de la joie dans les foyers mais aussi de lancer en juin 2021 Une journée des sourires à Leuze, cette fois de manière moins confidentielle."

En attendant, le plan de cohésion sociale de Leuze, qui collabore régulièrement avec le centre culturel, a, lui aussi, fait appel aux Sœurs Coquelicot en cette période de fêtes de fin d’année.