Belœil ne va pas adhérer à la convention des maires pour l’énergie et le climat.

La proposition émane du conseiller Valentin Malfait (Pour l’avenir). Objectif : que la commune de Belœil adhère à la convention des maires pour l’énergie et le climat. Cet outil a été mis en place en 2008 avec pour but de tendre vers les objectifs de l’Union européenne.

Les signataires, autrement dit de nombreuses collectivités régionales et locales à travers l’Europe, s’engagent à soumettre, dans les deux ans suivant leur date d’adhésion, un plan d’action en faveur de l’énergie durable et du climat, le PAEDC.

"Jusqu’à présent, trois communes de Wallonie picarde n’ont pas encore adhéré à la convention des maires, dont Belœil. Or, une commune se doit de donner l’exemple à ses citoyens, estime Valentin Malfait. En plus, chaque euro investi est amorti sur six ans. Et puis, il y a une dimension participative puisque les citoyens peuvent être associés à la démarche. Les communes doivent rendre compte tous les deux ans de l’avancement de leur plan et à l’échelle de la Wallonie picarde, c’est Ideta qui assure le rôle de coordinateur."

Juste un machin ?

Le débat s’est ensuite invité autour de la table du conseil, Pierre Marie Sprockeels (CAP) décochant au passage quelques petites flèches. "Mon sentiment est mitigé. Depuis l’installation du conseil communal, il y a plus d’un an, on pleure pour avoir une vision claire du bilan énergétique de la commune. Or, ici, je ne vois pas en quoi le mécanisme de la convention des maires va nous faire avancer. J’ai peur que ce ne soit qu’un machin avec des réunions."

Pierre Marie Sprockeels avance une idée. "Un projet plus concret et qui aurait du sens à la fois d’un point de vue écologique et même touristique, à savoir l’installation d’une station de recharge pour véhicules électriques. Et pourquoi pas en collaboration avec Ipalle ? L’intercommunale produit de l’électricité et ne sait pas quoi en faire."

À ces mots, Bastien Marlot (Pour l’avenir), vice-président d’Ipalle, a bondi. "Je ne peux pas laisser dire ça. Ipalle sait très bien quoi faire de son électricité produite. Le centre de valorisation des déchets de Thumaide, c’est 37 MW/H dont 5 permettent l’autonomie du site. Ce n’est pas rien. Et 32 sont envoyés sur le réseau, ce qui correspond à la consommation d’environ 65 000 ménages ! C’est aussi 9 à 10 millions d’€ de vente annuelle d’électricité, ce n’est donc pas quelque chose dont on ne sait quoi faire, a-t-il précisé. Une borne de recharge sera aussi installée sur le site de Thumaide pour les visiteurs. Ce que nous recherchons également depuis plusieurs années, c’est un utilisateur de chaleur, autrement dit de vapeur. C’est en réalité le projet lancé avec Ideta pour alimenter Polaris via une conduite, mais aucun gros industriel consommateur d’énergie n’est actuellement pressenti. C’est pourquoi nous étudions d’autres pistes, mais ça reste confidentiel à ce stade."

Valentin Malfait a aussi répliqué à Pierre Marie Sprockeels. "Vous êtes un parti soi-disant citoyen et vous n’êtes pas partants. Bernissart a mis en place des projets de rénovation des bâtiments et les citoyens sont associés à certains projets, avec des avancées. Je suis optimiste."

Pierre Marie Sprockeels a indiqué qu’il avait juste évoqué un manque de réactivité de la commune. "Mais je suis tout à fait d’accord pour la participation citoyenne. On peut envisager la création d’une commission de l’Énergie réunissant notamment des citoyens, avec une mention dans le prochain bulletin communal pour lancer un appel à candidatures."

Irréaliste

Pour Marcel André (PS), les objectifs de la convention sont irréalistes. "On parle de diminuer de 40 % les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre d’ici 2030, dans dix ans à peine !"

Le bourgmestre, Luc Vansaingèle (PS), assure que la commune ne reste pas sans rien faire. "Il y a eu un projet de tri sélectif dans les services communaux. Nous avons aussi réduit la consommation de carburant de nos véhicules et nous menons une étude sur l’isolation. Alors oui, ce n’est pas du tape-à-l’œil. Moi, je tiens mes paroles. Dire qu’on va réduire de 40 % les émissions sur le territoire communal, ce n’est pas possible."

Mais le bourgmestre n’est pas contre la mise en place d’un comité d’accompagnement chargé de rédiger une convention adaptée aux possibilités communales. Il a aussi souligné que la commune pouvait s’inscrire dans le groupe Wallonie picarde énergie positive chapeauté par Ideta. Comme Alain Carion l’a souligné, c’était au moins l’objectif du groupe Pour l’avenir. Valentin Malfait, notamment, sera chargé de déminer le terrain et le point reviendra lors du prochain conseil.