Laurent François pousse un coup de gueule… constructif. "Surtout, je ne veux pas politiser l’affaire, assure-t-il. Si je fais ça, c’est pour faire avancer les choses."

Cet habitant de Blaton met le doigt sur un problème qui ne date pas d’aujourd’hui : l’état de délabrement du tunnel sous voies. Basé à 200 mètres environ de la gare, ce tunnel permet de rejoindre le quartier situé derrière la gare et dans lequel Laurent réside. On y dénombre une vingtaine de maisons. Laurent a longtemps pris le train et utilisait donc ce tunnel. Aujourd’hui encore, ses proches l’empruntent quasi quotidiennement. Des voisins aussi, de même que des cyclistes en provenance de Stambruges qui viennent prendre le train.

"Le problème existe depuis un bon moment. L’an dernier, un bloc en pierre bleue est tombé. Imaginez que quelqu’un passe dans le tunnel à ce moment."

Ici, insécurité et saleté font bon ménage. Il n’est pas rare de retrouver 20 centimètres d’eau dans le tunnel. "Je ne vous dis pas pour les chaussures. Une voisine prend même ses bottes pour traverser par temps de pluie. Les avaloirs sont là mais n’avalent plus rien. L’éclairage ne fonctionne plus depuis longtemps. Il fait toujours très sombre. Des carrelages ont été saccagés et de nombreux tags et inscriptions ornent les murs. Régulièrement, il y a aussi des arbres et des hautes herbes. On vient de parler de la semaine de la mobilité et des alternatives à la voiture. Mais quand vous voyez ça, vous n’avez qu’une seule envie : vous déplacer en voiture justement."

Plusieurs éléments ont décidé Laurent François à s’exprimer. "Premièrement, un copain venant de Stambruges à vélo avait signalé le problème et n’a pas reçu de réponse. Deux, ma fille a retrouvé un lange dans le tunnel récemment. Et puis, il y a un an, une réunion avait été organisée à la gare avec des experts pour tenter d’améliorer la mobilité en effectuant des aménagements. J’étais présent et j’avais évoqué la problématique du tunnel. Un an plus tard, rien n’a bougé. Les beaux discours, c’est bien mais…"

Laurent a contacté Hélène Wallemacq, échevine de la Propreté. "Je la connais et je ne voulais pas lui faire un coup dans le dos mais juste lui exposer la situation. Je ne dis pas que tout est mauvais dans l’entité. Les aménagements des places de Blaton et de Bernissart sont par exemple positifs. Mais ici, j’ai l’impression que notre quartier est oublié. Lundi, un entretien a été réalisé dans le tunnel suite à mon coup de gueule sur les réseaux sociaux. Il fait déjà plus propre mais il y a encore beaucoup à faire. Maintenant, je sais aussi que la commune n’est pas responsable si les gens jettent tout et n’importe quoi à terre. Mais le manque d’entretien et l’insécurité amènent la saleté. Il est temps de faire quelque chose."

Plan de rénovation

L’échevine Hélène Wallemacq (Ecolo) confirme que le sujet avait bel et bien été évoqué en octobre 2019 lors de la réunion à la gare de Blaton. "Je comprends que les personnes qui utilisent ce tunnel soient contrariées."

L’échevine nous explique les démarches effectuées ces derniers mois. "Déjà, avant d’entamer un plan de rénovation, nous nous sommes adressés au SPW pour voir si des travaux n’étaient pas programmés au niveau de ce tunnel dans le cadre des aménagements du Ravel. Nous avons eu confirmation que ce volet n’était pas repris dans le Ravel."

Hélène Wallemacq fait état d’une convention entre Infrabel et la commune. "Infrabel reste propriétaire des installations mais la commune est responsable de l’entretien de l’éclairage, du revêtement de sol et des murs, des peintures, des caniveaux ou encore de la pompe d’évacuation. Or, cette pompe, nous n’y avons pas accès et nous allons contacter Infrabel car justement, un problème récurrent, c’est qu’en cas de pluie, c’est tout de suite inondé et il y a de la boue."

L’échevine signale encore que les services communaux interviennent. "Le service Travaux passe un coup de nettoyeur haute pression tandis que les éco-cantonniers se chargent du ramassage des déchets. Visiblement, ça ne suffit pas puisque les problèmes persistent."

Caméras ?

La commune pourrait aussi répondre à un appel à subsides pour placer des caméras. "À titre personnel, je ne suis pas tellement pour les caméras mais leur utilisation se justifie peut-être dans un cas comme celui-ci", indique-t-elle.

Quoi qu’il en soit, une solution est nécessaire pour résoudre ce problème. "Je suis bien consciente aussi que ce tunnel fait la liaison entre deux parties du village et permet à des gens d’éviter de faire un détour par le pont situé plus loin au-dessus du chemin de fer."

Dans quelques jours, pour des raisons professionnelles, Hélène Wallemacq cédera sa place d’échevine à sa colistière Maud Wattiez. Cette dernière est déjà bien au courant de cette problématique du tunnel.