Ciseaux, peignes et produits sont prêts. Ce lundi, Kathleen Heusdens sera au poste dans son salon de coiffure au coin de la Grand-Place de Leuze. Logique, direz-vous, puisque ce 26 avril marque l’autorisation de réouverture des salons. Sauf que pour Kathleen, ce sera une grande première. La jeune femme a ainsi décidé d’ouvrir son propre salon. Un pari qui peut paraître un peu fou en cette période mais qui est en réalité tout sauf irréfléchi.

"Je travaille dans le milieu de la coiffure depuis 2009. J’ai d’ailleurs commencé ici, sur Leuze. J’ai également travaillé à Ath et à Mons. Dernièrement, j’étais chez Dimitri, à Grandglise. A la fin du premier confinement, il m’a dit qu’il était grand temps que je vole de mes propres ailes et que je m’installe à mon compte. J’ai trouvé ça épatant de sa part. Il y avait justement un local à louer à Leuze et j’ai décidé de franchir le pas."

Sauf que Kathleen a dû reporter à plusieurs reprises l’ouverture de son salon. Elle avait prévu de débuter le 15 janvier mais, crise sanitaire oblige, il a fallu attendre. La date du 1er avril était alors envisagée. "Nous avions réalisé les travaux, la bâche était mise pour annoncer l’ouverture et puis, les nouvelles mesures gouvernementales sont tombées."

Bref, la douche froide, d’autant que Kathleen avait donné sa démission à son employeur. Dès lors, plus de rentrées financières, alors qu’elle a investi ses économies dans son projet.

© Devaux

"Heureusement, nous avons pu compter sur des personnes humaines. Le propriétaire du bâtiment s’est montré compréhensif et ne me réclame rien tant que je n’ai pas ouvert. Concernant les produits commandés auprès d’une représentante, j’ai juste dû donner un acompte dans un premier temps et j’ai quand même pu recevoir mes produits."

Inutile de dire que Kathleen Heusdens attend cette journée de lundi avec impatience. Son salon sera accessible aussi bien aux hommes et aux femmes qu’aux enfants. Déjà connue sur Leuze, elle peut aussi s’appuyer sur un allié de choix : Pierre Dersin, son compagnon, qui tient l’établissement Aux quatre vents, juste en face du salon de coiffure.

4 coiff'

"Nous avions envie de lancer un concept de salon-café. Au final, ça n’a pas été possible dans l’établissement de mon compagnon, mais je vais par exemple proposer au salon des produits de son café, souligne Kathleen. La décoration du salon est dans le même style que celle d’en face et nous avons aussi un logo avec le même graphisme."

Le nom du salon fait référence au prénom de la coiffeuse : 4 coiff’ ! "Elle a toujours eu peur de s’installer alors qu’elle en a les compétences, tout simplement parce qu’elle manque un peu de confiance en elle, indique Pierre Dersin, qui espère de son côté pouvoir rouvrir son établissement dans de bonnes conditions dans les plus brefs délais. Voilà quatre ans que je lui dis de se lancer. Ça peut paraître fou de commencer maintenant, mais au contraire, je pense que c’est la bonne période. Déjà, le confinement nous aura au moins permis de réaliser tous les travaux. Et puis, la réouverture des métiers de contact s’accompagne de la prise de rendez-vous. Les coiffeurs ne pourront donc pas accueillir chacun des tas de clients. Il y a de la place pour tout le monde. C’est le bon moment."