Nous vivons tout de même une drôle d’époque, du moins une période pas comme les autres et qui donne lieu à des scènes cocasses.

Ainsi, le conseil communal de Leuze s’est achevé vers 22 heures et donc au moment du couvre-feu et alors que le public et quelques conseillers communaux avaient déjà quitté leur siège. D’autres élus étaient en train d’enfiler leur manteau quand le bourgmestre, Lucien Rawart (MR), leur a signifié qu’il n’y avait pas de problème puisqu’il avait une attestation pour chacun d’eux. Surréalisme et cacophonie au rendez-vous donc.

Avant le conseil communal, devant l’hôtel de ville, ils étaient une cinquantaine, riverains et agriculteurs, à manifester leur opposition au projet de la Boucle du Hainaut dont la présentation a eu lieu lors du conseil communal par le biais des représentants d’Elia, copieusement conspués à leur arrivée à l’hôtel de ville et escortés par la police. Tout s’est toutefois passé dans le calme.

Mais alors que les échanges à propos de ce projet se poursuivaient, il était environ 21h15 quand Baptiste Leroy (Ecolo) a posé la question de la validité de la réunion et de la publicité des débats de cette séance du conseil communal.

"Nous avons été accueillis par la police, qui semblait filtrer les entrées. Si je n’avais pas été conseiller communal, je n’aurais sans doute pas pu entrer. Certaines personnes n’ont pas été autorisées à entrer, mais sur quels critères ? La séance est publique, non ? Et puis, en raison du Covid, n’aurait-on pas pu tenir cette séance en vidéoconférence avec une diffusion au grand public via le site de la Ville ? Je vous invite à l’envisager pour la suite. Nous poserons aussi la question de la validité de cette séance à la tutelle wallonne."

Pour le bourgmestre, Lucien Rawart, les règles de distanciation sociale étaient respectées. "Il y avait environ 20 chaises disponibles et elles ne sont d’ailleurs pas toutes occupées. Les 20 premières personnes qui entraient étaient servies. Il y avait juste deux chaises réservées à des membres du collectif citoyen Cocico. Et non, nous n’avons pas fait filtrer les entrées."

Pour Christian Brotcorne (Idées), "à partir du moment où la porte est ouverte, la séance est publique. Quant à une séance en vidéoconférence, ça aurait permis à des conseillers absents car malades d’être devant leur écran."

La question du couvre-feu a aussi été posée et Christian Brotcorne a assuré que le public devait le respecter.

Invité à s’exprimer, le directeur général Rudi Bral a confirmé. "Le couvre-feu doit être respecté."

Bref, dans la plus grande précipitation et "dans des circonstances tout à fait inacceptables", selon Ecolo, comme indiqué ci-dessus, plusieurs points ont pu être votés, dont les impositions, inchangées (8,8% à l’IPP et 2950 centimes additionnels au précompte). D’autres, par contre, devront être discutés lors d’un prochain conseil…