Beaucoup de personnes souffrent au quotidien de troubles alimentaires et notamment de boulimie et d'anorexie. C'est le cas de Marie, originaire de Leuze. Depuis l'âge de vingt-cinq ans, elle se bat chaque jour avec la nourriture qu'elle perçoit comme une obligation. Ce dégoût pour les aliments s'est manifesté à la suite de perpétuelles remarques sur son corps. 

"Je ne me suis jamais acceptée et aimée. A l'âge de vingt-quatre ans, je me suis mariée à un homme violent qui me répétait au quotidien que j'étais la plus grosse et la plus laide. Je ne sais pas vraiment si c'est lié mais dans tous les cas, ces paroles destructrices n'ont absolument rien arrangé. Pour moi, manger n'a jamais été un réel plaisir. Je mange parce qu'il faut et parce qu'il faut combler des manques ou des malaises. Ne plus se nourrir du tout et n'avoir envie de rien, cela serait parfait pour moi"
déclare Marie.

Bien évidemment, le quotidien n'est jamais facile pour Marie. Durant certaines périodes, cette dernière se prive de nourriture et d'autres où les crises de boulimie surgissent. Lors de ces phases, elle se jette sur la nourriture et se fait vomir par la suite. 

"Avant, tout ce que je mangeais, j'allais le rendre même si je ne mangeais absolument rien. J'étais même descendue à 37 kilos. Je ne savais plus rien manger, je me nourrissais essentiellement de pots provenant de la pharmacie ou de lait. Après ma grossesse, j'ai pris beaucoup de poids. J'ai donc mis un by-pass gastrique mais l'opération a été un échec. Je n'ai presque rien perdu et j'ai repris 10 kilos. à la suite de cela, je suis passée dans des crises de boulimie durant lesquelles, je me jette sur la nourriture jusqu'à en pleurer et à en être dégoûtée". 

Son fils, sa raison de vivre


Après avoir été hospitalisée plusieurs fois, Marie est toujours dans un cercle infernal et vit des périodes assez difficiles. Heureusement, elle peut compter sur son fils qu'elle considère comme son pilier. 

"J'ai toujours caché mes troubles alimentaires à mes proches. Aujourd'hui, j'habite seule avec mon fil, c'est donc plus facile pour manger en cachette. Mon fils est mon seul et unique remède. À part cela, j'ai une réelle obsession pour mon poids qui m'empêche de vivre. Je m'étais fait opérer dans le but de reprendre une vie normale mais comme cela a échoué, je suis désemparée. Mon fils m'a maintenue en vie jusqu'à maintenant car rien d'autre m'apporte du plaisir et me donne envie de vivre. Je pense qu'il est important de témoigner et d'en parler. En effet, ces troubles alimentaires détruisent des vies", conclut Marie.