Elle court dans tous les sens au milieu des caisses et entre les marchandises qu’elle réceptionne. Mais c’est pour la bonne cause. Ce samedi, Anne-Sophie Skrzypczak accueillera ses clients dans les nouveaux locaux de sa sellerie, rue Albert 1er, à deux pas de l’administration communale de Péruwelz.

Jusqu’à présent installée rue des Américains, elle a pu bénéficier d’un coup de pouce communal. "Un subside prévu par la commune dans le cadre de l’installation d’un commerce dans le périmètre de densification commerciale ou de la rénovation d’un commerce existant. Cette aide sert à financer une partie des travaux à réaliser. Ici, le bâtiment était auparavant occupé par une organisation syndicale. Il a fallu décaper la façade. Il y avait trois bureaux à l’intérieur et nous avons abattu un mur pour agrandir la surface. Mon compagnon a tout fait. La famille et les amis m’aident beaucoup aussi avant l’ouverture officielle."

Dans l’univers des chevaux depuis sa plus tendre enfance, Anne-Sophie Skrzypczak, qui a une formation de comptable, a décidé il y a une bonne dizaine d’années de quitter son emploi et de lancer son affaire en rapport avec sa passion.

"L’aventure a commencé en novembre 2010. Mais je louais. Ici, rue Albert 1er, le bâtiment était à vendre et personne ne s’y intéressait vraiment. J’ai remarqué qu’il avait du potentiel et j’ai franchi le pas."

C’était en janvier…2020, à une époque, du moins le pensait-on, où le virus n’avait pas encore franchi les frontières de la Chine.

Deux mois après, le premier confinement tombait. "J’ai eu peur, avoue Anne-Sophie. D’ailleurs, pour déstresser, j’ai commencé à aller courir tous les jours !"

Internet fonctionne bien

Mais au final, Anne-Sophie Skrzypczak a plutôt bien traversé la crise. Pour plusieurs raisons. "J’ai travaillé avec mon site Internet. Le clic & collect et les livraisons ont bien donné. Alors que d’habitude ce sont mes clients français qui passent beaucoup par le Net, j’ai vu arriver pas mal de Belges via ce système. L’autre raison, c’est que ce domaine a continué à fonctionner. On reste dans le loisir la plupart du temps et les gens avaient toujours besoin de compléments alimentaires pour leurs chevaux."

Après la parenthèse de réouverture estivale, Anne-Sophie a continué à travailler beaucoup via Internet. "A la base, ce n’est pas ma tasse de thé mais je dois dire que j’ai pu dialoguer avec des clients en ligne. Sans Internet, je ne serais plus là aujourd’hui avec cette situation sanitaire. Néanmoins, j’aspirais vraiment à pouvoir retrouver le contact direct avec la clientèle. C’est ce qui me plaît aussi dans le métier."

Ce n’est pas son déménagement qui va modifier la manière de travailler d’Anne-Sophie, qui accueille aussi bien des particuliers et des cavaliers amateurs que des professionnels. "J’ai quelques pros dans ma clientèle. J’ai des gens d’Ath, de Leuze, de Mouscron aussi et des frontaliers, dont pas mal de Français. Ici, on fait dans le complément alimentaire, à ce qui a trait aux soins du cheval et aussi l’équipement, bien entendu. Avec les nouveaux locaux, je vais pouvoir élargir la gamme et développer un peu le haut de gamme mais dans l’ensemble, je vais conserver les mêmes produits en gardant l’entrée de gamme pour pouvoir toucher tout le monde."

Quoi qu’il en soit, Anne-Sophie va gagner en visibilité en plein centre-ville. Le paradoxe, c’est qu’elle n’a plus beaucoup de temps pour monter à cheval. "Mais je veux m’y remettre", assure-t-elle.

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