Le collège souhaite, à propos de l’ASBL la Ré-Création, une résiliation du contrat de gestion et la dissolution de l’ASBL. Mais quel est le nœud du problème ?

Pour résumer, la majorité estime que l’ASBL n’a plus lieu d’être puisqu’elle ne gère quasi plus rien. C’est la Ville qui gère le personnel et les bâtiments.

Pour rappel, la structure d’accueil extrascolaire avait été créée en 2000 sous l’impulsion de Jean-Pierre Cuignet, alors échevin des affaires sociales. La Ré-Création tourne à plein régime. Son utilité n’est absolument pas remise en cause. C’est juste celle de l’ASBL qui pose question.

Corinne Risselin (MR-IC), échevine de l’enfance et de la petite enfance, a fait le point. "D’abord, merci aux équipes de la Ré-Création qui fournissent un gros travail pendant cette crise sanitaire. Simplement, aujourd’hui, la Ville a repris l’ensemble du service. A la base, l’ASBL, lancée par Jean-Pierre Cuignet, rémunérait le personnel via l’obtention de subsides. Mais depuis un moment, le personnel est payé par la commune et le coût des activités est aussi du ressort communal. Nous avons eu une réunion du CA de l’ASBL et les membres du CA ont compris la situation. Il y a eu unanimité pour convoquer une AG extraordinaire de dissolution."

L’échevine a voulu rassurer le personnel et les parents. "Nous allons continuer à développer l’extrascolaire. D’ailleurs, un troisième site d’accueil a été ouvert à La Roë après Péruwelz et Wiers. Le collège va continuer à soutenir la Ré-Création au niveau de ses actions et de son budget. Aucune inquiétude."

Pour Nathalie Deplus (PS), "il ne faudrait pas mettre en péril le budget et les activités justement à cause de cette dissolution. Nous souhaitons que tous les services soient maintenus, ainsi que les stages. Il faut rassurer tout le monde, c’est important, car cette structure rend de gros services."

Ce qui gêne le PS, c’est de ne plus pouvoir, à travers une représentation politique au sein de l’ASBL, avoir un droit de regard. Dès lors, le PS demande que les groupes politiques puissent avoir leur mot à dire via la commission communale de l’accueil.

Eric Thomas (AC) a demandé à ce que "le service continue à fonctionner de manière optimale et que les responsables de la Ré-Création puissent continuer à bénéficier d’une certaine liberté de manœuvre."

Si la brèche était assez petite, Willy Detombe (RPP) n’a pas manqué l’occasion de s’y engouffrer. "Il aurait été judicieux d’entendre la position de l’administrateur-délégué de l’ASBL sur les reproches que vous adressez à l’ASBL, si reproches il y a. Madame Risselin, présidente de l’ASBL et en même temps échevine de la petite enfance, dont dépend l’ASBL, est juge et partie. Sur le fond, l’ASBL, dont la mission essentielle est l’accueil extrascolaire pour les enfants de 2,5 ans à 12 ans, fonctionne depuis près de 20 ans à la satisfaction générale. Il serait intéressant d’avoir le sentiment de Jean-Pierre Cuignet. C’est son bébé. Cette ASBL génère des rentrées financières de plus ou moins 220 000 € par an pour la caisse communale, elle s’occupe d’environ 440 enfants par mois et elle dessert tous les réseaux scolaires. Tout comme moi, monsieur le bourgmestre, vous savez combien la gestion d’activités telles que celles organisées par l’ASBL la Ré-Création permet certaines facilités d’organisation que l’on ne retrouve pas dans une gestion communale."

Pour Willy Detombe, la majorité n’a aucun grief à faire valoir à l’encontre de l’ASBL. "Ou alors vous ne nous dites pas tout et là, ce serait grave. Vous n’avez aucun argument rationnel pour dissoudre l’ASBL, rien à reprocher sur la qualité des activités et du travail de l’équipe. Vous avez présenté un nouveau contrat de gestion lors du conseil du 23 mai 2019. Il a une durée de 3 ans. Le conseil communal l’a voté à la majorité absolue. Vous aussi et vous l’avez signé. Je ne comprends pas ce qui a changé depuis. Tout ceci n’est que prétexte pour que vous ayez la mainmise sur une activité qui fonctionne très bien depuis 20 ans."

Dans le contrat de gestion, précise Willy Detombe, il est mentionné que l’ASBL doit transmettre au collège un récapitulatif des actions menées ainsi que les perspectives. "L’ASBL a-t-elle répondu à cette condition ? Oui. Elle a rentré son rapport d’activités et avait défini les perspectives puisque nous retrouvons tous ces éléments dans le budget de 2020. Il y a une différence d’actions avec 2019, mais c’est tout à fait normal au vu des conditions sanitaires. Cet élément ne doit pas être un motif de résiliation du contrat de gestion. Qui plus est, je dirais que madame Risselin, présidente de l’ASBL, devrait alors être tenue pour responsable des manquements. C’est à la présidente de donner la ligne de conduite des diverses actions. L’ASBL doit rentrer ses comptes et budgets, l’a-t-elle fait ? Oui."

Le RPP a donc sollicité le report du point. "Nous souhaitons avoir un rapport circonstancié sur les éventuels manquements de l’ASBL. Nous demandons aussi que si votre rapport doit être considéré comme négatif, l’administrateur-délégué soit convoqué au conseil afin d’apporter tous les éléments nécessaires. Si toutefois vous maintenez votre position et pour être cohérent, monsieur le bourgmestre, nous espérons que vous serez proactif, efficace et efficient en appliquant la même décision aux autres ASBL communales qui sont dans le même cas de figure."

"Rien ne change"

"Enfants, parents, personnel : nous ne devons rassurer personne puisque rien ne change pour la Ré-Création. L’accueil des enfants se poursuivra normalement, les activités aussi. Il ne sert à rien de faire peur aux gens."

Voilà comment le bourgmestre a réagi à la charge de Willy Detombe. Vincent Palermo a martelé qu’il ne fallait pas faire peur inutilement sur les réseaux sociaux. "Des parents nous ont contactés. Nous leur avons dit que rien ne changeait."

Le bourgmestre a aussi avancé des arguments pour justifier la décision de dissoudre l’ASBL. "Le personnel est payé par la commune. Les bâtiments sont des propriétés de la commune. Le rôle de l’ASBL aujourd’hui se limite à acheter des cadeaux et des places de cinéma. L’ONE a même trouvé logique de verser l’argent à la commune. Donc, non, rien ne va changer. Le collège a même acquis le garage et les terrains près de la maison de la citoyenneté pour le développement des activités, alors…L’ASBL n’a rien financé de tout ça."

Vincent Palermo a aussi fourni des éclaircissements budgétaires. "Sur les 45 000 € de budget de l’ASBL, la Ville fournissait 40 000 €. Ce n’est pas la fin de la Ré-Création, juste celle de l’ASBL, qui est aujourd’hui une boîte quasi vide qui se limite à acheter des biscuits et des cadeaux pour certaines activités. Demain, les enfants auront encore des cadeaux, peut-être plus beaux encore. En agissant de la sorte, on va même libérer du budget puisque les frais liés à une ASBL, comme frais d’assurances et frais bancaires, on ne devra plus les payer."

Willy Detombe est revenu à la charge, indiquant que la Ville devait avoir la même vision par rapport à d’autres ASBL, le Rond’eau des sources, sa cible favorite, par exemple. "Vous conservez 55 000 € pour le Rond’eau des sources cette année alors que vous n’organiserez rien avec la crise sanitaire !"

Le PS et le RPP ont voté contre, tandis que Jean-Pierre Cuignet (MR-IC) est finalement intervenu. "On a besoin de la Ré-Cré. Rassurons le personnel, les parents. On ne peut pas démolir cette structure. Dire que le CA de l’ASBL se limitait à acheter des cadeaux de Saint-Nicolas est un peu réducteur. Des cadeaux par ailleurs appréciés par les enfants et les parents. La Ré-Création est tenue de main de maître par Stéphane Defroyennes et il faut continuer à lui faire confiance. Il s’agit d’une entreprise qui tourne avec 70 personnes !"

Vincent Palermo a conclu en assurant qu’avec le développement du zoning Polaris et donc l’arrivée de nouvelles entreprises, les besoins au niveau de l’accueil des enfants seront encore plus importants.

En attendant, les équipes de la Ré-Cré poursuivent leur tâche et ça, c’est le plus important.