Si on met de côté l’équation Covid, le grand défi du CPAS de Péruwelz pour 2021 sera assurément le déménagement vers la Herseautoise, que Georges Hocq (MR) espère le plus rapidement possible.

"Ce nouveau centre, nous en sommes persuadés, sera un réel outil pour tendre vers l’efficacité et l’efficience de nos divers services, permettant une meilleure communication interne. Ce nouvel espace offrira à nos travailleurs un cadre de travail salubre, fonctionnel et sécurisant mais permettra surtout un accueil tout aussi digne de ce nom de la population en droit d’attendre cette marque de respect."

Pour le reste, c’est un budget "prudent et prévoyant", selon ses dires, que le président du CPAS a présenté. "Nous avons puisé 231 000 € dans nos réserves et il reste un solde de 329 000 €. La dotation communale augmente de 180 000 € pour atteindre 3,379 millions, a-t-il souligné. Nous avons un boni de 80 965 € à l’ordinaire. Notre masse salariale, qui croît seulement de 1,17%, a été maîtrisée malgré les engagements. La situation pandémique nous a forcés à renforcer le staff technique au niveau du nettoyage et de la désinfection. Comme le personnel est fort sollicité, notamment au niveau du home Petit Gobert et des autres services, nous avons prévu l’engagement de 2x0,75 équivalents temps plein."

Georges Hocq a aussi annoncé l’engagement d’un informaticien. Des synergies en la matière existent déjà entre Ville et CPAS mais cet informaticien sera vraiment dévolu au CPAS, où "une mise à jour de ce dinosaure" était nécessaire.

Réinsertion

Et puis, le CPAS misera encore plus sur la réinsertion socioprofessionnelle, un moyen de faire diminuer le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration et de remettre les gens dans le circuit de l’emploi.

"La volonté affichée est d’augmenter le taux de réinsertion socioprofessionnelle et ainsi d’endiguer l’augmentation des RIS, confirme Georges Hocq, de rendre acteurs de leur vie un maximum de personnes victimes d’un accident de vie et de poursuivre le soutien dans le cadre du suivi post-RIS. 2020 a vu une nette augmentation du nombre de personnes en réinsertion. De 48 personnes fin 2019, nous sommes passés à 65 fin de cette année, soit une augmentation de pas moins de 35%."

Dans cette optique, les moyens humains du service seront renforcés par l’engagement d’un éducateur. "Nous offrirons ainsi une aide complémentaire et pluridisciplinaire dans le cadre d’une intervention socio-éducative avec un focus particulier sur la tranche des 18-25 ans. Si une tendance à la hausse des dossiers RIS a été remarquée au premier semestre, 296 dossiers, soit une augmentation de 3,37 par rapport à 2019, une légère baisse en cette fin d’année se fait ressentir, 293 unités, et ce toujours malgré le contexte pandémique."

La crise a eu un effet néfaste sur les recettes du home Petit Gobert, en recul de 88 000 €. "Il faut dire que nous avons 20 lits libres en ce moment au vu de la situation sanitaire. La prudence est de mise."

A l’extraordinaire, Georges Hocq a fait état "d’investissements importants au home Petit Gobert pour 170 000 € et aussi dans l’aménagement de la voirie qui reliera la Herseautoise à la Ferté, voirie qui sera communale et qui débouchera par après non seulement sur la Herseautoise mais sur un futur quartier. La dette, elle, diminue un tout petit peu."

Willy Detombe (RPP), alors qu’il commentait aussi le budget de la commune, a relevé "qu’en cette période de Covid, il est difficile d’interpréter l’augmentation de la dotation communale au CPAS de 180 000 € vu les nombreuses demandes de nos concitoyens pour arriver à nouer les deux bouts en fin de mois. Nous sommes aussi bien conscients du nombre de lits non occupés et qui trouvent difficilement preneur actuellement. Par contre, nous ne comprenons pas pourquoi vous n’utilisez pas une partie de la somme des 650 000 € allouée par le Gouvernement wallon pour des mesures Covid, celle-ci n’étant utilisée qu’à concurrence de 350 000 €. Nous tenons quand même à vous faire remarquer que la dotation communale pour le CPAS est aujourd’hui de 3.379.167 €, soit près de 200 € par habitant, alors que vous vous faisiez fort de ne pas dépasser une dotation de 3 millions." Le RPP s’est abstenu à l’ordinaire et a voté non à l’extraordinaire.

Vente de terres

Dimitri Kajdanski (PS) indique que la gestion rigoureuse entamée par le passé se poursuit mais s’inquiète pour sa part des dépenses de transfert. "Elles flirtent avec les 30% dans le budget. La situation sociale, globalement, se dégrade. A l’extraordinaire, on a lu votre volonté de mener à bien vos projets mais vos choix de vendre de manière effrénée des terres du CPAS pour créer une réserve éphémère du budget nous font craindre que vos réserves immobilières soient vite épuisées. C’est oui à l’ordinaire et non à l’extraordinaire."

Georges Hocq a répondu à propos de la vente de terres. "On a dressé une liste qui a été soumise en son temps et qui n’avait fait l’objet d'aucun débat. On n’a pas vendu tout ce qui a été listé, nous n’en avons pas eu besoin. On a plutôt bien vendu, au total pour 250 000 €, sans avoir cependant vendu toutes les terres. On déplace le capital immobilier sur un autre capital immobilier, il y a un return. On va aller dans un bâtiment qui sera fonctionnel. On ne dilapide pas les réserves."

Pour Eric Thomas (AC), "si les moyens financiers nécessaires doivent être alloués au CPAS pour remplir ses missions, nous constatons qu’outre une augmentation de 180 000 € de la dotation communale, un prélèvement de plus de 300 000 € a dû être réalisé à partir des réserves pour atteindre l’équilibre. Pour le home, l’impact de l’épidémie représente une baisse des recettes assez substantielle. Nous constatons que vous en avez tenu compte. Nous nous interrogeons sur l’équilibre et la bonne santé des finances dans un avenir proche. Si la crise sanitaire ne facilite rien, il importe quand même d’agir au plus vite pour maximiser les recettes et réduire les dépenses. Au budget extraordinaire, nous constatons que des points d’investissements approuvés en 2020 et avant sont en cours de finalisation et nous comprenons très bien que des projets soient en retard avec le Covid. Cependant, nous ne voyons pas d’investissements prévus pour la réhabilitation de l’ancienne aile du home. Celle-ci pourrait être un investissement dit productif. Nous approuvons le budget ordinaire, mais nous nous abstenons pour l’extraordinaire."