Beloeil - Péruwelz - Leuze Basée à Péruwelz, la Mission locale pour l’emploi sollicite du soutien.

La Mission locale pour l’emploi (MSLE) tient bon la barre, mais pour combien de temps encore ? Cette question, Grégory Cauvin, son coordinateur, se la pose.

Récemment, il a mené à bien un collectif réunissant dix personnes sans emploi au terme de 15 semaines. Avec un beau taux de réussite.

"Sur les dix, huit vont retrouver une activité professionnelle. Cinq personnes sont déjà en train de travailler et trois sont en attente, mais les nouvelles sont bonnes. Rechercher un emploi devient de plus en plus compliqué. Un accompagnement s’avère nécessaire", souligne Grégory Cauvin.

C’est bien là la mission de la… Mission locale, qui occupe à la rue des Chaufours à Péruwelz un local mis à disposition par la Ville. La MSLE, qui est une ASBL, collabore avec les maisons de l’emploi de Péruwelz, Bernissart et Basècles et travaille avec les CPAS, dont celui de Péruwelz.

Grégory, au fil des ans, a également noué des contacts avec de nombreux organismes de réinsertion mais aussi d’autres structures, publiques comme privées. Il sert de relais.

"Je possède une farde de prospection. C’est indispensable pour pouvoir démarcher en vue de trouver un emploi à quelqu’un. Je suis en quelque sorte le passeur."

Sans ce dernier , la Mission locale aurait sans doute déjà mis la clé sous la porte. Grégory ne cible personne, mais encore une fois, il se pose des questions. "Il s’agit ici de la dernière mission locale dans toute la Wallonie. Nous recevons une enveloppe du CPAS et nous répondons à des appels à projets du Forem. Mais nous devons être la seule structure d’insertion socioprofessionnelle à ne compter qu’un employé. Il manque quelqu’un avec moi."

Comme une aide administrative. Et aussi une assistante sociale, même à mi-temps.

Maîtriser ses émotions et composer avec celles des autres : voilà le double défi à relever et l’intelligence émotionnelle est essentielle pour diriger un tel collectif. "Il n’y a pas de recette préétablie, mais les résultats sont là. 60 à 80 % des personnes qui transitent ici retrouvent un emploi ou au moins une voie. Je ne suis pas Dieu, mais, on fait des miracles", assure Grégory.

Ce dernier s’est beaucoup investi dans sa mission. Aujourd’hui, il tire la sonnette d’alarme.

Des tests sont réalisés afin que la personne trouve la bonne voie.

Lors du dernier collectif, le groupe s’est rendu à l’auberge de jeunesse de La Louvière.

"Mais même pour avoir un véhicule, c’est difficile. Pour le reste, nous avons organisé nos séances de travail à Bon-Secours, dans le grenier de la maison d’accueil, que je remercie. Mais ce n’est tout de même pas l’idéal. Travailler en groupe pendant 15 semaines, c’est costaud. Il faut composer avec la personnalité de chacun. Il y a des hauts et des bas. Mais finalement, on a fait plus de 410 heures d’accompagnement. On sert à quelque chose , affirme Grégory. Nous sommes agréés auprès de la Région wallonne en recherche d’emploi et comme service d’insertion. Grâce à ça, nous avons la capacité de mettre des personnes, notamment des bénéficiaires du CPAS, en stage en entreprise. Sait-on tout ce que l’on fait pour accompagner les gens ici ? Parfois, je me le demande."

Avant d’aiguiller le demandeur vers un opérateur, des tests sont effectués, histoire de voir dans quel domaine la personne se sentira la plus épanouie. " Ces tests sont réalisés dans le but de mieux se connaître. On ne peut pas placer n’importe qui n’importe où, assure Grégory Cauvin. Lors du collectif, j’invite certains participants à voir une psychologue. La personne doit se sentir mieux dans sa peau pour relever la tête."

Arnaud, 40 ans, revient d’assez loin. Déjà passé par le service de réinsertion L’Envol en article 60, il était sans emploi depuis deux ans. "J’ai travaillé dans plusieurs entreprises. Je me suis formé sur le tas. Ici, j’ai effectué un stage d’une semaine au Rucher à Leuze. Je fais un peu de tout. Je suis polyvalent. J’ai signé pour un mois et je vais resigner, je l’espère."

Grégory Cauvin explique que quand il a rencontré Arnaud, "il était tout cassé. Il se reconstruit petit à petit".