Comme ses collègues dentistes, Caroline espère retravailler au plus vite.

Plus aucun patient à se mettre sous la dent. C’est le quotidien de Caroline Caulier, dentiste installée à Basècles.

"Pendant la semaine qui a précédé le confinement, on sentait que quelque chose se préparait. Et, suite à la décision du confinement, nous avons reçu un mail de la Société de médecine dentaire nous disant qu’il fallait fermer. Vu les soins que nous prodiguons, les risques étaient énormes" , souligne Caroline. "En plus, n ous n’avons pas eu accès à ces masques FFP2, réservés au personnel de première ligne dans les hôpitaux. J’ai commandé moi-même des masques pour la suite des événements. Les prix flambent."

Caroline, juste avant le confinement, traitait encore les cas les plus urgents. " Mais le travail était épouvantable. Il fallait penser à tout : désinfecter les poignées de porte, faire prendre un bain de bouche au patient, aérer le cabinet entre deux… J’ai assuré les travaux de prothèses, pour ne pas laisser des patients édentés. Mais il fallait arrêter, pour la sécurité des patients et la nôtre . Ce qu’il faudra au moment de la reprise, ce sont des tests."

En attendant, un service d’urgence a été organisé. "Il réunit une petite dizaine de dentistes en Hainaut. Sur base du volontariat et à condition de posséder le matériel suffisant. Il s’agit souvent de gros cabinets" , explique Caroline, qui veille malgré tout à conserver un lien avec ses patients.

"Je me rends à mon cabinet trois fois par semaine, pour écouter ma messagerie téléphonique. Le téléphone sonne de moins en moins. Les gens comprennent la situation. Maintenant, je veux maintenir ce système de garde téléphonique, pour conseiller, aiguiller."

La Société de médecine dentaire informe les dentistes sur l’évolution de la situation. "Sur les aides aussi. Nous pourrons bénéficier du droit passerelle mais pas de l’aide de 5 000 € de la Région wallonne."

Caroline se demande si, après la crise, les mentalités vont changer, si les masques, par exemple, vont être produits chez nous afin que nous ne dépendions plus des autres. "Est-ce que les gens vont continuer à se tourner de plus en plus vers les commerces locaux, vers les agriculteurs du coin ? Pour l’instant, oui. Mais après ?"

Une famille aussi

Caroline a trois enfants, dont deux grandes filles. L’aînée, sage-femme à la base, est aujourd’hui infirmière à domicile. "Et elle est enceinte de six mois. C’est pour le 16 juillet, confie Caroline . Elle continue à travailler. C’est aussi pour ça que j’ai commandé des masques. Je crois qu’elle est moins stressée que nous."

Son autre fille est en quatrième année de dentisterie à l’ULB. Elle devait effectuer des stages, qui ont été annulés. "Elle allait notamment se rendre à Erasme et à l’hôpital Reine Fabiola, mais tout est annulé."