La nouvelle était dans l’air à l’archéosite : le fameux masque applique de Blicquy vient d’être classé au titre de trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il avait été découvert en 2003 dans l’enceinte d’un sanctuaire romain au lieu-dit "ville d’Anderlecht". Il appartient plus précisément à la première phase d’aménagement d’un complexe religieux dont l’abandon se situe entre la fin du premier siècle et la première moitié du deuxième siècle de notre ère.

Ce masque a été réalisé par moulage et à la cire perdue. Que peut-on y observer ? Il présente le visage glabre d’un homme dans un style peu conventionnel, relevant d’une esthétique celte. On peut y relever l’ajout aux grands yeux disproportionnés d’iris en amande en pâte de verre, dont seul l’exemplaire gauche est demeuré en place. Ni la localisation ni le contexte de la pièce ne permettent cependant d’en déterminer la nature. Ils n’en attestent pas moins son utilisation dans le cadre d’une pratique religieuse.

"Seule une vingtaine de représentations anthropomorphes comparables ont été découvertes en Europe, indique-t-on à l’archéosite. Très peu sont précisément documentées et attribuables à un contexte cultuel déterminé, voire précisément datables, contrairement à l’exemplaire de Blicquy qui, en outre, est le seul à être fondu à la cire perdue. Les autres œuvres sont en effet produites par déformation plastique et éventuel assemblage."

Son état de conservation remarquable est mis en avant, de même que son association chronologique à un contexte romain précoce original et exclusivement dédié aux pratiques rituelles. "Le masque de Blicquy constitue un exemple étonnant et rare de syncrétisme celto-romain. Aussi témoigne-t-il d’une nouvelle identité culturelle en phase avec la romanisation de nos régions dès le début du Haut Empire" , souligne-t-on aussi à l’archéosite.

Ce classement ne devrait pas engendrer de subventions pour l’archéosite. "Aucune implication financière de la Fédération Wallonie- Bruxelles n’est prévue actuellement, confirme ainsi Evelyne Gillet, directrice de l’archéosite. Par contre, dans le cadre du classement, toute demande de prêt du masque dans d’autres sites doit être validée par la Fédération Wallonie-Bruxelles."

Pour les personnes intéressées, la pièce est présentée dans le centre d’interprétation des cultes et croyances antiques au cœur du domaine de l’archéosite.

G.Dx.