Elle a levé un coin du voile à travers une vidéo qui a fait le buzz, avec déjà plus de 12 000 vues au compteur.

À partir du 1er décembre, Séverine Degueldre va transformer son café Aux Campenaires, situé en plein centre de Stambruges, en boulangerie. Enfin, transformer n’est peut-être pas le terme adéquat.

"C’est en quelque sorte un plan B pour pouvoir continuer à travailler, dit-elle. Je ne compte pas abandonner mon café. Je veux le rouvrir quand ce sera possible. Et si les conditions sanitaires et financières le permettent, j’aimerais pouvoir combiner café et dépôt de pain par la suite."

Car Séverine ne va pas fabriquer le pain elle-même sur place. Il s’agira bien d’un dépôt.

"On ne s’improvise pas boulanger, indique celle qui a fait l’hôtellerie. Mon mari et moi sommes indépendants depuis 15 ans dans des secteurs différents. Lui a un rayon sandwicherie dans son activité et nous nous rendons compte que l’alimentaire reste un secteur porteur. Du pain, tout le monde en mange. En plus, Stambruges est tout de même un gros village."

Séverine dit avoir plutôt bien vécu le premier confinement. "Ecoutez, on nous avait signifié trois semaines de fermeture à la base. Finalement, le café est resté fermé pendant 95 jours. Quelque part, en tant qu’indépendant, vous courez toujours et cette période m’a permis de souffler un peu. Je n’ai pas trouvé ça trop pénible. Par contre, ici, avec le deuxième confinement, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Globalement, j’ai perdu 80% de chiffre d’affaires au niveau du café. Je n’ai pas pu récupérer une clientèle comme celle que j’avais avant le premier confinement. Certains clients ont pris d’autres habitudes, d’autres ont peur."

Endroit chargé d'histoire

Néanmoins, encore une fois, Séverine n’entend pas fermer définitivement les portes de son café, car les lieux, pour elle, sont clairement chargés d’histoire. "Le café, c’était d'abord avec ma maman aux manettes depuis 1987. À son décès, en 2007, j’ai repris l’exploitation. Cet endroit entretient les liens sociaux. C’est important."

Il reste quelques démarches administratives à effectuer mais pour le reste, Séverine est prête. Le nouveau comptoir pour le dépôt est déjà installé et si jamais elle parvient à conjuguer les deux activités, elle adaptera ses locaux pour bien faire la distinction entre le café et le dépôt de pain.

En même temps, le lien entre pain et bière sera bien présent à travers sa nouvelle activité. "Parmi les pains à vendre, il y aura du pain à la bière. Je vais aussi vendre de la bière au détail et j’aurai un frigo avec du fromage à la bière. Il y aura également des coffrets cadeaux."

Cette relation entre pain et bière, entre blé et houblon, Séverine l’a exprimée à travers sa vidéo, visible sur la page Facebook Aux Campenaires.

"Elle a été réalisée par des amis. Nous nous sommes beaucoup amusés, avec au total quatre heures de prises de vues. J’avais juste une exigence : une seule prise pour la scène avec la farine !"

La nouvelle aventure peut désormais commencer.

© Devaux