Terry, professeur de menuiserie, devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Tournai pour des faits de violence à l'égard de son ex-compagne, Jamie-Lee. Le 23 juin 2019, le couple s'était rendu à une festivité à Templeuve où l'alcool coulait à flot. Fortement alcoolisée et proche du coma éthylique, Jamie-Lee semblait perdre les pédales. Croyant bien faire, le prévenu a donc laissé son ex-compagne 45 minutes dans son véhicule afin qu'elle décuve. Sans avoir pris l'initiative de prévenir la police ou les secours...

Une fois les festivités terminées, le couple qui battait déjà de l'aile, est rentré au domicile du père du Terry, qui était à cette époque en construction. "Dès que nous avons franchi la porte, elle s'est réfugiée dans la douche, elle s'est mise en position foetale et a commencé à se cogner la tête contre le mur". En voyant que la victime était dans un état second, le prévenu est parti s'occuper de ses animaux avant de retourner voir son ex-compagne. "Afin de la réveiller, j'ai allumé la douche. Elle s'est alors transformée en bombe atomique en commençant à m'assener de coups. Elle fracassait l'appartement de mon père qui avait coûté 75 000 euros".

Terrorisée d'affronter Terry, la victime était représentée par son avocat. Pour ce dernier, les déclarations du prévenu sont tout simplement surréalistes. "Monsieur oublie de dire que ses précédentes compagnes ont subi le même sort que Jamie-Lee. Il se préoccupe davantage du bien-être animal que de celui des femmes. De plus, l'individu fait croire au tribunal que ma cliente a des crises d'angoisse et est ingérable. Toutefois, les constatations médicales montrent preuve à l'appui que Jamie-Lee n'a pas pu faire cela toute seule, contrairement à ce que le prévenu déclare". L'avocat de la partie civile a ainsi sollicité un dommage moral de 3 000 euros.

Le juge a également interrogé le prévenu sur des messages échangés entre les deux protagonistes suite à cet événement dont notamment ce dernier: "Tu me manques, je regrette la violence de mes actes". D'après Terry, il n'est pas l'auteur de ces messages. "A ce moment-là, mon ex-compagne avait encore accès à mon compte, elle s'est sûrement envoyé des messages à elle-même". Vraisemblablement, dans cette affaire, Terry n'était pas le prévenu mais la victime ...

Lors de l'audience, le représentant du ministère n'a pas hésité à énoncer l'ensemble des hématomes constatés sur la victime. Celui-ci a d'ailleurs requis une peine d'un an d'emprisonnement. L'avocat de la défense a, quant à lui, sollicité l'acquittement ou une suspension probatoire. Le jugement sera prononcé le 11 janvier.