Les élus communaux de Belœil se sont dernièrement penchés sur l’adoption d’un plan communal de mobilité douce pour 2021.

"L’année 2020 assez particulière que nous vivons de traverser a laissé l’opportunité à certains de favoriser les déplacements piétons et cyclistes, a ainsi expliqué le bourgmestre, Luc Vansaingèle (PS). Il apparaît que certaines voiries sont étroites, que certains conducteurs les prennent pour des tronçons de rallye et que dès lors, les usagers faibles sont en danger. Avec la police, le SPW mobilité et le service communal de la mobilité, nous avons mis en place une étude, avec plusieurs types d’intervention."

La circulation pourra être adaptée de trois manières principales aux endroits qui ont été définis par les différents intervenants : circulation interdite aux véhicules, circulation interdite excepté circulation locale et circulation réservée à certains usagers bien précis.

D’autres aménagements, correspondant mieux à la configuration des lieux, sont également proposés, à savoir une mise à sens unique et une voie sans issue hormis certains usagers.

Au total, plus de vingt voiries sont concernées. Un budget de 10 000 € sera nécessaire, en comptant panneaux, piquets et fixations.

L’objectif, à peine voilé, est également de limiter l’accès de certaines zones aux automobilistes, par exemple entre le Pré-à-Parchon à Basècles et la rue de Péruwelz au pied de l’autoroute. Cet endroit est prisé des pollueurs qui y déversent souvent tout et n’importe quoi.

Tout en indiquant qu’il était important que chacun puisse se déplacer en toute sécurité, Alain Carion (Pour l’avenir) s’est tout de même dit étonné que le point soit inscrit à l’ordre du jour. "Le document a été soumis à la CCATM, qui a émis pas mal de questions mais aussi fait des remarques et proposé des alternatives puisque certaines voiries répertoriées sont impraticables. Nous vous demandons le report du point."

Bastien Marlot (Pour l’avenir) a embrayé. "On ne comprend pas votre empressement. Le président de la CCATM (Commission consultative Communale d'Aménagement du Territoire et de Mobilité NdlR) a souligné dans sa conclusion que le projet manquait de réflexion objective et de motivation. Pourquoi ne pas tenir compte de l’avis de la CCATM ? Certains chemins n’existent même plus et on va dépenser de l’argent pour installer des panneaux. Nous demandons une concertation constructive." Son colistier Benoît Delplanque a aussi plaidé pour continuer la bonne collaboration entre la commune et la CCATM.

Pierre Marie Sprockeels (CAP) estime pour sa part qu’on ne peut pas évoquer la mobilité douce sans parler des piétons. "Or, il y a des endroits sans trottoirs ou presque et pour les PMR comme pour les poussettes, il est difficile de passer. Il faudrait organiser une concertation avec les habitants. En plus, dans votre plan, il n’y a pas une seule rue de Stambruges et de Grandglise. Il n’est concentré que sur quelques villages."

C’est avec une légère pointe d’ironie que le bourgmestre a défendu ce plan. "Je suis très content de voir qu’on s’intéresse à la mobilité douce puisque jusqu’ici, aucune proposition ne nous était parvenue. Je suis ouvert aux propositions de la CCATM et il est faux de dire qu’il y a un désintérêt vis-à-vis d’elle. Des erreurs de cartographie ont été corrigées. La CCATM a émis beaucoup de considérations négatives. Elle veut faire plus. Je rappelle toutefois que pour les piétons, nous avons lancé un plan trottoirs il y a deux ans. Nous avons fait appel à la police et au SPW pour élaborer ce plan. J’ai eu le président de la CCATM pour en discuter. La CCATM a une mission consultative."

Il faut foncer !

Pour le bourgmestre, il ne faut pas attendre, sans quoi l’été sera passé quand le projet pourra voir le jour. Son objectif : le lancer dès le printemps. " On va organiser de nouvelles réunions ? Je préfère foncer plutôt qu’on nous reproche de ne rien faire. Oui, le plan concerne surtout Basècles, Ellignies et Quevaucamps. Mais une année à la fois. Je suis ouvert pour Stambruges."

Pour Alain Carion, ce plan de mobilité ne doit pas se limiter à la pose de panneaux. "Il faudrait une réflexion plus globale. On ne dit pas que tout est mauvais mais nous devrions nous mettre autour d’une table pour ne pas accepter un chat dans un sac."

L’opposition n’a pas accepté le plan.