Remonté, déçu, triste. Voilà un peu l’état d’esprit de Vincent Palermo, bourgmestre de Péruwelz, après l’annonce par la SNCB de la suppression des guichets dans plusieurs gares, dont celle de la cité des sources. Vincent Palermo avale cette décision de travers. Pour plusieurs raisons.

"Déjà, il s’agit d’un servic public, non ? Ensuite, le moment est très mal choisi, à l’heure où les gens ont besoin plus que jamais de liens sociaux, d’échanges. On nous demande de favoriser les transports en commun. Nous sommes occupés en plus à Péruwelz d’investir dans la gare, de développer la mobilité douce et cette décision va à contre-courant. Sans oublier la fracture numérique, qui touche les personnes âgées mais pas seulement. Des subsides sont parfois alloués aux communes pour réduire cette fracture numérique. Ici, la SNCB fait preuve d’incohérence à ce niveau."

Le collège péruwelzien va donc sous peu écrire au ministre fédéral Gilkinet, au ministre wallon Henry et à la SNCB. "Pour exprimer notre désapprobation, mais pas uniquement. La SNCB veut des solutions ? Nous allons lui en apporter, il n’y a pas de problèmes, assure Vincent Palermo. La SNCB nous fait savoir que la personne au guichet à la gare de Péruwelz est inoccupée pendant 83% du temps. J’invite la SNCB à la réflexion. Elle nous dit qu’il y aura des bornes supplémentaires, ce qui veut dire sans doute plus de problèmes techniques et donc plus de techniciens à appeler. Elle dit aussi que les clients pourront faire appel à un opérateur en cas de souci. Mais il faudra donc plus d’opérateurs aussi. Je ne vois pas où sont les économies si le but est bien de réaliser des économies. A l’heure où on privilégie le travail à distance, le télétravail, pourquoi ne pas demander à la personne au guichet d’effectuer, en plus de la délivrance des tickets, du travail administratif, de conseil, de promotion ? Les 83% de temps inoccupé seront ainsi utilisés. Il faut mettre la polyvalence en avant. La SNCB doit valoriser ses talents. Voilà une solution concrète."

Vincent Palermo n’est pas réfractaire aux avancées technologiques et informatiques, mais il estime que le service au guichet doit continuer à être rendu. "Bien entendu, nous ne sommes qu’une commune de 17 000 habitants. Notre voisine, Leuze, en a un peu moins. Mais quoi ? On ne va garder que les grands pôles ? Par rapport à ce besoin de rapports humains, à cette nécessité de conserver un service au public, le message passé ici est désastreux. C’est inacceptable. La SNCB doit montrer l’exemple. C’est la raison pour laquelle je dis : gare à votre décision. Mais il n’est pas trop tard, non pas pour faire machine arrière mais juste pour arrêter le train et repartir de l’avant. C’est en ce sens que nous allons écrire."