Elle possède des attaches à Kain et à Bernissart mais est installée pour raisons professionnelles à Munich. Coralie Ingelbert est éducatrice. Elle a créé le blog Faut pas pousser MamY et dans quelques jours, elle achèvera son défi, à savoir interroger 52 grands-parents du monde entier. En septembre 2020, elle se faisait fort d’échanger avec 52 grands-parents du monde, de cœur ou de sang. Grâce à ce défi, elle a visité virtuellement 9 pays, découvert une foule de projets et a poursuivi l’un de ses objectifs : montrer la richesse des aînés et de la transmission entre les générations dans nos sociétés. Via son blog, sur lequel elle a déjà comptabilisé près de 20 000 vues, Coralie souhaitait également montrer qu’il n’y a pas d’âge pour débuter un nouveau projet, elle qui fêtera ses 40 ans début octobre. “Souvent , 40 ans, c’est un tournant. Je suis très heureuse d’avoir réalisé ce défi avant ce cap. Je me dis, qu’à ma mesure, j’ai contribué à quelque chose d’important pour nos sociétés, changer l’image que certains ont de la vieillesse.”

A Munich, en complément de ses cours d’allemand, Coralie a décidé de suivre une formation en environnement web. C’est de ce cursus qu'est née l’idée du défi. “Pour nos travaux pratiques, notre professeur nous a demandé de nous lancer un défi. Le contenu, la durée, les supports : tout était modulable. Les seules obligations étaient de choisir un sujet qui nous passionne et d’annoncer autour de nous que nous allions réaliser ce défi."

Expatriée depuis plusieurs années, Coralie a pris conscience de la magie des visioconférences. Grâce à elles, nous pouvons voyager facilement dans le monde. Le bagage acquis via ses expériences professionnelles et son histoire de vie a permis à Coralie de tracer le profil de quelques portraits qu’elle souhaitait interroger. “Je souhaitais parler, par exemple, des grands-parents qui résident à distance, des grands-parents impliqués dans des associations d’utilité publique, de papys et mamys actifs, sportifs, artistes, immigrés, habitant dans des lieux de vie collectifs... Grâce à ce projet, j’ai rencontré des femmes et des hommes de 9 pays : Belgique, France, Italie, Canada, Espagne, Portugal, Allemagne et Autriche. C’était aussi une occasion de découvrir ces régions et des traditions transmises par les grands-parents dans ces contrées."

Coralie a été confrontée à un élément qu’elle n’avait pas anticipé : la réduction des contacts liée aux mesures sanitaires pendant la crise. "De nombreux grands-parents m’ont partagé la tristesse ressentie à cette période et à quel point ces mesures ont eu des conséquences difficiles sur leur quotidien. Mon site se veut positif, inspirant et humoristique. J’ai cependant décidé de garder ces parties de témoignages, car selon moi, c’est une manière d’offrir une trace écrite de notre histoire collective mais aussi de contribuer au devoir de mémoire.”

Des seniors inspirants

Ce qui l’a frappée au fur et à mesure de la découverte de ces portraits, c’est le dynamisme et la richesse des seniors. “J’avais estimé mon temps d’interview par personne à 45 minutes. Souvent, en visio comme de visu, ce temps a été allongé tellement les échanges étaient riches. Les personnes plus âgées ont quelque chose qui rassure. Une expérience de vie qui leur permet souvent d’être dans une écoute et un partage différents. Pour chacun de ces 52 portraits, j’ai trouvé un élément inspirant."

Ce sera d’ailleurs l’une des suites de son projet : inspiration grands-parents. Les grands-parents sont des transmetteurs de nature, de folklore, d’idéaux, de valeurs, de langues, d’histoires, d’apprentissages, de leçons de vie... "Nous vivons dans un monde qui aime les citations, les sources d’inspirations. Et s’il suffisait de se tourner vers les plus âgés pour nous inspirer et nous dire qu’il n’est jamais trop tard pour commencer un nouveau projet ? Mon site regorge d’exemples."

Anecdotes

Un des profils les plus difficiles à trouver a été le ou la centenaire. "Quelle joie de rencontrer Gilberte, bientôt 99 ans, qui m’a offert l’apéro sur la place d’Ath ! Suite à l’un de mes articles, trois maisons de repos se sont inscrites comme Mamies tricoteuses, elles tricotent à présent pour les bébés prématurés. Il y a aussi eu la barrière de la langue. La majorité de mes interviews ont été réalisées en français. Sauf pour des Espagnoles où nous avons utilisé en partie comme langue véhiculaire l’allemand !"

Projets…encore

Des projets, Coralie en a encore plein la tête. Elle espère pouvoir les développer. “Je rentre prochainement au pays et j’aimerais y organiser des ateliers de transmission. J’ai par exemple, dans mes contacts, une grand-mère qui souhaite organiser des ateliers autour du crochet. J’aimerais aussi axer ces échanges sur la nature, la cuisine, le folklore…"

Elle a aussi constaté que pour de multiples raisons, beaucoup d’enfants et de grands-parents ne peuvent pas bénéficier de ce lien intergénérationnel. "Même si rien ne remplace la famille, il existe ici à Munich un projet que je trouve fantastique. Il s'appelle Loue ta mamy. Si le nom peut paraître un peu décalé en français, l’idée de ce service me plait beaucoup. Il permet à des seniors de proposer du baby-sitting ou de l’aide aux devoirs de manière occasionnelle. Ce service est encadré et rémunéré. De plus, il rencontre des besoins précis de notre société. Mais avant de développer ces projets, nous retravaillerons avec ma sœur et l’artiste Hélène Veaudelet, sur un calendrier de l’Avent à destination des aînés les plus isolés. Vu l’engouement, et les nouvelles demandes, nous réitérons donc ce projet."

En parallèle, elle développe la marque “Faut pas pousser Mamy” et la création d’articles cadeaux en collaboration avec des grands-parents et artistes belges. Car, pour le moment, elle ne dispose d’aucun subside ou d’autre financement pour soutenir ou développer ses idées. Infos via https://fautpaspoussermamy.com