Le député wallon Hervé Cornillie a interrogé la ministre de l’Environnement, Céline Tellier, au sujet du recyclage des éoliennes, sachant qu’en Wallonie, les opérations de remplacement des parcs éoliens vont monter en puissance.

Le député a remis le sujet dans son contexte, précisant que la fédération sectorielle rappelle que près de 34 000 éoliennes devront être remplacées à l'échelle européenne dans un délai court puisqu'elles arrivent en fin de vie et parce que les technologies d'aujourd'hui sont plus performantes.

"Comment la Wallonie va-t-elle régler cette épineuse question du renouvellement de son parc éolien puisque la plupart commencent à venir à leur échéance ? Quelle sera la stratégie de la Wallonie dans ce contexte ? Comment inscrire la filière éolienne wallonne dans une véritable dynamique et logique d'économie circulaire ?", a ainsi demandé le député.

Les éoliennes arrivent en fin de vie après environ une vingtaine d’années d'exploitation. Dans notre région, à partir de 2025, il y aura une forte hausse des flux de matières à traiter.

"Les exploitants sont tenus de procéder à la fois au démantèlement des éoliennes et des fondations aussi jusqu'à une profondeur importante permettant notamment la remise en état du site à des fonctions, par exemple agricoles. Le coût de ce démantèlement est bien à charge de l'exploitant", a répondu la Ministre de l’Environnement, Céline Tellier.

Une éolienne est composée de cuivre, de fer, d’acier, d’aluminium, de plastique, de zinc, de fibre de verre et de béton pour les fondations. "L’acier et les métaux sont totalement recyclés par l'industrie des métaux ferreux et non ferreux pour produire de nouveaux produits. Les composés électriques et électroniques rejoignent quant à eux les filières de gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques. Quant au béton, il est concassé pour servir, par exemple, de fondations routières", explique la ministre Tellier.

Les matériaux composites des pales sont plus difficiles à recycler. Ils représentent 5 à 10 % de la masse d’une éolienne. "Ces pales ont aujourd'hui une durée de vie, lorsqu'elles sont démontées, de quelques années. Elles sont parfois revendues sur le marché de l'occasion, notamment en Afrique ou en Europe de l'Est. Ce marché est néanmoins fortement limité et risque bien d'arriver à saturation dans les prochaines années au vu de l'ensemble des démantèlements d'éoliennes dans le monde", ajoute la ministre.

Aujourd'hui, les alternatives sont peu nombreuses : soit la mise en CET (centre d'enfouissement technique) des pales, soit une valorisation énergétique à travers des combustibles de substitution, dans les cimenteries par exemple.

Un nouveau projet du Centre Terre et Pierre, basé à Tournai, semble avancer dans le recyclage des pales.

Recypale à Tournai

"Au niveau de la Wallonie, un certain nombre d'acteurs wallons se sont réunis autour du centre de recherche Terre et Pierre pour constituer un projet appelé Recypale, qui a pour objectif de développer des procédés permettant de séparer les différents matériaux constitutifs des pales d'éoliennes et pour trouver des filières de valorisation pour les fibres polymères, notamment via une incorporation dans des matériaux de construction. C'est donc une opportunité pour la Wallonie de se profiler sur cette filière de recyclage et viser un recyclage à 100 % des éoliennes à brève échéance dans notre région", conclut la ministre de l’Environnement.