Le Remboire, à Wasmes-Audemez-Briffoeil, est une institution rappelant les réjouissances qui avaient lieu à la ferme. Dans le village, la célébration de la fin des moissons se matérialise par la ducasse du Remboire, un terme qui fait référence à un moment bien précis. Lorsque la moisson était terminée, quand la dernière charrette fleurie rentrait des champs, des festivités étaient organisées et la patronne de la ferme donnait à boire aux ouvriers. Ils buvaient une bière bien mousseuse, à boire et à reboire encore, d’où ce terme de remboire. La moisson d’antan constituait un grand moment, un mélange de dur labeur et de réjouissances. L’ensemble du village était mobilisé.

Le syndicat d’initiative de Wasmes-Audemez-Briffœil sera toujours à la manœuvre. Après plus d’un an de disette pour les raisons que l’on connaît, le village renoue peu à peu avec ses festivités et plus particulièrement, en ce dimanche 19 septembre, avec sa ducasse du Remboire. Le syndicat d’initiative s’est limité cette année à quelques animations en extérieur. Les vieux tracteurs feront par exemple admirer leurs belles mécaniques devant la maison de village, avant de partir, après la petite restauration, pour une balade d’une vingtaine de kilomètres.

Lorsque nous lui demandons d’évoquer la situation actuelle et les principales préoccupations du milieu agricole, sans surprise, Jacques Faux, organisateur, aborde d’emblée la question de la météo, un paramètre très important. "On a eu un bien triste été, très humide, avec peu de soleil. Seul septembre nous met un peu de baume au cœur, mais nous ne pouvons pas nous plaindre au regard de ce qu’il s'est passé dans des régions pas si éloignées ! Les récoltes de fourrages ont été abondantes grâce aux pluies régulières. On peut penser qu'il en sera de même pour le maïs, mais un vieux dicton dit "Année de foin, année de rien", et cela s'est vérifié au rendement des moissons, inférieur à la moyenne. Bien que commencées tôt, vers le 21 juillet, ce qui devient une date habituelle pour débuter, ces moissons ont traîné en longueur, jusqu’à la fin août, pour engranger toutes les pailles, c'est-à-dire ce que l'on connaissait dans le passé, mais une date à laquelle on n'est plus habitué depuis les années 2000. Le Remboire, la fête de la fin des moissons, retombe ainsi un peu sur ses pattes !"

Le changement notable, selon Jacques Faux, c’est que dès la mi-septembre, on commence les travaux d'arrière-saison avec les arrachages de betteraves et de chicorées. Auparavant, c'était en octobre. Un phénomène qui n'est pas lié aux changements climatiques mais plutôt aux concentrations industrielles et à leurs impératifs !