Yves est loin d'oublier son passage au magasin Action, situé à Péruwelz. Alors que deux caisses étaient ouvertes et que de nombreux clients patientaient, ce grand habitué de l'enseigne, a poliment demandé d'en ouvrir une de plus. Comme réponse, la caissière a répliqué: "au plus vous allez le demander, moins je le ferai". "Si on ne peut même plus poser une question, où va le monde", confie le client. Rapidement, des clients se sont mêlés à la conversation dont un couple qui a commencé à insulter Yves "d'emmerdeur et bien d'autres noms d'oiseaux". Le plus brutal pour cette personne, à mobilité réduite, c'est qu'un des employés est venu participer à la scène tout en l'agressant verbalement sous le regard impassible de la gérante. Une fois sorti du magasin, Yves a regagné sa voiture sur le parking. Constatant qu'il était stationné sur une place handicapée, le couple également hors de l'établissement, a poursuivi leurs attaques, toujours en compagnie de l'employé d'Action. "Des propos tels que: débile mental, emmerdeur ont été prononcés", s'indigne encore aujourd'hui Yves.

Ayant pour objectif de porter plainte par la suite, Yves a sorti son téléphone portable pour immortaliser en photo, le numéro de plaque de ses agresseurs. Très vite, le couple a ouvert la portière de sa voiture et a porté des coups avec la paume de la main, au niveau de son épaule et le haut de son thorax.

Sans hématome et prenant bien conscience qu'une plainte pour agression verbale n'allait engendrer aucune poursuite, Yves a abandonné son intention d'agir en justice. Toutefois, il n'a pas hésité à contacter l'enseigne Action pour leur faire part de son agression. Après avoir reçu une réponse automatique par mail, l'homme a pu être en contact avec le service client: "Nous sommes navrés pour l'agression intervenue sur le parking, dont nous ne sommes pas responsables. Notre employé a effectivement assisté à la scène, cependant il ne relève pas de ses fonctions d'interférer dans ce type d'altercations. Aussi, nous vous recommandons de vous tourner vers les autorités compétentes".

"Nous sommes navrés du désagrément intervenu entre vous et notre employée de caisse, le nécessaire sera effectué en interne", poursuit le service client. Accablé par les réponses, Yves reste toujours traumatisé. "L'altercation a débuté dans le magasin même avant de s'éterniser à l'extérieur.Pour ma part, l'équipe aurait dû réagir déjà à ce moment-là. Toutefois, l’enseigne se dédouane complètement. Je ne remettrai plus les pieds au sein de l’établissement. Je compte bien m’adresser à Ombudsman du Commerce. Par ailleurs, j’ai également pris contact avec le service d’aide psychologique après une agression qui va me fixer un rendez-vous dans les prochains jours”. Aujourd’hui, Yves n’ose même pas imaginer si à sa place, il aurait s’agit d’une femme, d’un homme ou d’un enfant. “Cela aurait bien pu être pire et personne n'a bougé”.