C’est l’anarchie au collège communal de Brunehaut. Tel est le titre d’un communiqué dernièrement rédigé par le groupe Intérêts Citoyens. Un document qui fait directement référence à l’intervention de Muriel Delcroix, cheffe de groupe IC, lors du conseil communal du 28 octobre dernier. Au nom de son groupe, la conseillère avait dévoilé avoir pris connaissance du courrier de l’avocat d’une échevine, en l’occurrence Nadya Hilali, faisant notamment étant de pratiques administratives communales qui constitueraient des infractions relevant du droit pénal.

"Les faits sont graves et l’avocat relève lui-même qu’ils doivent en principe être dénoncés au procureur du roi", avait encore précisé Muriel Delcroix qui déplorait que le fonctionnement du collège et de la commune se trouvait gravement perturbé par cette situation.

Trois semaines plus tard, nouveau rebondissement dans cette affaire. En effet, en allant consulter le PV du collège, le groupe IC a cette fois appris que l’échevine s’est vue retirer l’ensemble de ses compétences depuis le 9 novembre.

"Que se passe-t-il donc au collège communal de Brunehaut ?, se demande le groupe IC dans son communiqué. L’échevine a-t-elle commis une faute dans l’exercice de ses fonctions ? Serait-ce plutôt un règlement de comptes parce que l’échevine a entendu relever à juste titre des irrégularités dans les procédures décisionnelles de la commune ? Ou autre chose ?"

IC s’étonnait encore que, près de dix jours après cette décision, ni les citoyens, ni le conseil communal n’ont été prévenus de ce changement d’attributions. Lors du prochain conseil communal, il sera dès lors demandé des comptes au collège. "Nous ne nous contenterons pas d’une vague temporisation le temps que les avocats des différentes parties échangent leurs arguments. Les citoyens sont en droit de recevoir des explications en toute transparence."

Le collège n’aura finalement pas souhaité attendre le prochain conseil communal pour s’exprimer. Et c’est via la page Facebook de la commune qu’il l’a fait. Le collège confirme ainsi avoir reçu, fin août, une lettre du conseil de Nadya Hilali mais qu’aucune précision ni pièce n’étaient apportées aux accusations. "L’élément déclencheur est un problème grave au niveau d’un ancien membre du personnel impliquant Mme Hilali Nadya", détaille le collège qui explique avoir exigé, à plusieurs reprises, exigé en vain de connaître les faits.

"Devant l’absence de réponses et de pièces concrètes, le Collège se doit de préserver son administration des propos sous-entendus et d’assurer le bon fonctionnement de la Commune, dans l’intérêt général, surtout en cette période de pandémie très pénible à gérer. Aussi, afin de faire la clarté dans cette affaire, et de retrouver de la sérénité dans l’administration communale, le Collège a décidé d’enlever les attributions scabinales de Mme Hilali Nadya, de les répartir provisoirement auprès des autres membres du collège communal."

Le collège explique qu’il mettra tout en œuvre pour assurer la parfaite transparence et poursuivre un service public de qualité. "Loin des querelles politiques, c’est l’éthique et la déontologie qui s’en trouvent bafouées."