Dans un entretien, Christian Massy évoque Tournai, son avenir, et le scrutin. Il revient aussi sur l’épisode de l’affaire Singa, et sur son interprétation, qui l’a blessé

TOURNAI Rencontré ce mardi dans son bureau à l’hôtel de ville de Tournai, le bourgmestre, Christian Massy (PS), signe de nombreux documents, suite aux décisions prises par le précédent collège. Des fardes entières sont amenées sur un diable par Eric, l’huissier.

Quelques jours auparavant, le bourgmestre organisait son bal. “Je suis rentré à 4 h du matin, et je n’ai plus 20 ans, vous savez… C’était mon 16e, et dernier bal. J’ai aujourd’hui 66 ans. Il fallait passer le relais à d’autres…”

Le maïeur aurait sûrement juste préféré une autre sortie. Car l’affaire Singa, clôturée en septembre 2011, et les suites politiques données par à cette affaire, l’ont doublé. “J’ai obtenu la suspension du prononcé. La justice avait notamment estimé que le battage médiatique était déjà une peine suffisante. Et puis, il y a eu l’interprétation…”

À l’issue d’une réunion de l’Union socialiste communale, il fut notamment annoncé que Christian Massy ne se représenterait plus au prochain scrutin. “Mais ma décision avait été déjà prise bien avant, et je l’avais annoncé le 1er mai 2011. Du coup, j’ai regretté de ne pas être allé en appel. Avoir laissé entendre que c’était l’exécutif de l’USC qui m’a poussé à ne plus être candidat, que c’était une sanction du PS, je n’ai pas du tout apprécié. C’est faux, et particulièrement humiliant ! Idem pour la gestion du personnel. On ne m’a pas retiré cette compétence. C’est moi qui l’ai proposé !”

Quelques jours plus tard, lors de la rentrée du PS, Rudy Demotte a évoqué les regrets du maïeur à l’égard de l’employée communale impliquée dans l’affaire. “J’ai ressenti une grande frustration, une grande injustice, car ce n’était pas mes propos. J’ai dit que j’étais désolé que certains aient pu être blessés, et que l’employée communale ait pu avoir un sentiment de pression… Cela m’a fait mal. J’en ai parlé à Rudy Demotte. J’ai pardonné, mais je n’ai pas oublié.”

Et pourtant, avant le dénouement de l’affaire Singa, Christian Massy, en froid avec Paul-Olivier Delannois, avait déroulé le tapis rouge au double ministre-président, alors que le duo Massy-Delannois lui avait fait barrage en 2000. “Son arrivée, il y a deux ans, j’y suis pour quelque chose. J’ai aussi contribué à le populariser sur l’entité car j’estimais que c’était un plus d’avoir un homme politique comme lui pour Tournai.”

Que ce serait-il passé si le duo Massy-Delannois était resté soudé ? Qui sait…

Christian Massy glisse juste au passage que “Rudy Demotte s’inscrit dans une dynamique qui n’a pas débuté avec lui. Le slogan du PS est d’ailleurs Un Nouvel Élan pour l’avenir. Cela veut dire qu’il y avait déjà un élan…”

Aujourd’hui, le maïeur est simple observateur des élections. “Et cela m’amuse beaucoup. Je n’avais jamais vu de campagne aussi animée à Tournai. Il faut dire que le nouveau code de démocratie locale a changé la donne. Tout le monde se donne à fond et c’est un bon signe pour la démocratie. Mais il m’est impossible de faire un pronostic. Qui va l’emporter ? Qui sera second au PS ? Quelle majorité ? Je l’ignore. Pour moi, cette élection, c’est un réel mystère…”

Le bourgmestre ne dira pas pour qui il votera. Juste qu’il rougira “les cases de plusieurs candidats de la même liste” . Un des critères : la proximité, bien sûr.

Quant au choix entre les voix de préférence et la confiance, afin de désigner le faisant fonction si Rudy Demotte est bourgmestre empêché, Christian Massy donne sa préférence aux voix. “Car c’est l’expression de la démocratie.”

À l’heure de quitter l’hôtel de ville et de plier dans un étui son écharpe maïorale, Christian Massy souhaite que l’avenir de Tournai soit “le meilleur possible. Quant à moi, je vais me consacrer à ma famille, apprendre les langues, voyager… Et je continuerai à suivre la politique tournaisienne. Comme un citoyen lambda”.



© La Dernière Heure 2012