Vu les circonstances autour de la vente de Lutosa, les syndicats veulent rester prudents

LEUZE-EN-HAINAUT Il y a quelques mois, le projet d’un investissement était annoncé sur le site de Lutosa, société spécialisée dans la fabrication de produits surgelés à base de pommes de terre. Il s’agissait de créer une nouvelle ligne de productions.

Fin juin, La société Pinguin Lutosa Foods a présenté son projet, qui doit faire l’objet d’une étude d’incidences sur l’environnement avant la demande de permis unique, était présenté à la population.

Deux mois plus tard, la société, qui avait racheté Lutosa il y a 5 ans, souhaite vendre son activité pommes de terre. Un retournement de veste très étrange. Avec ce projet d’investissement, la société cherche-t-elle – ou était-ce sa seule ambition ? – à grossir la valeur de la société ? Toujours est-il qu’elle devrait céder le site contre 225 millions d’euros, tandis qu’elle l’a acheté pour 175 millions…

À noter aussi que la malencontreuse fuite du possible rachat dans la presse a fait grimper la valeur de l’action PinguinLutosa. Voilà qui rend les syndicats très méfiants.” Chat échaudé craint l’eau froide”, lance Marie-Line Colin, permanente FGTB-Horval, qui remarque que la société se prépare à réaliser une belle plus-value, pendant qu’on a prié les travailleurs de se serrer la ceinture pendant 5 ans.

Aïcha Sayah (CSC-Alimentation) ajoutera :” Nous allons être très attentifs au dossier, et nous voulons des garanties. Pas de Pinguin, mais du groupe qui rachète Lutosa.” Les syndicats veulent que, si rachat il doit y avoir, que l’emploi soit préservé, ainsi que les investissements, et l’existence même du site leuzois.

La direction a tenté de rassurer les syndicats, et les travailleurs via un conseil d’entreprise extraordinaire, en insistant sur le rayonnement de la marque Lutosa et de la bonne réputation de ses produits.

Du côté des repreneurs, trois sociétés ont fait part de leurs intentions : Aviko, McCain et Lamb Weston. La décision sera divulguée à la fin du mois. Près de 500 travailleurs sont concernés.



© La Dernière Heure 2012