Michel (prénom d'emprunt) comparaissait ce jeudi devant la barre du tribunal correctionnel de Tournai afin de s'expliquer sur plusieurs faits gravissimes qu'il a commis du 13 mai 2020 au 14 mai 2020.

Manon, l'ex-compagne de Michel ( prénom d'emprunt) s'est donc rendue le 13 mai 2020, au matin, à la police pour signaler du harcèlement de la part de ce dernier. Michel a envoyé à plusieurs reprises, des messages indiquant qu'il souhaitait récupérer ses deux enfants. Vers 19h50, le prévenu s'est présenté devant l'habitation de Manon avec des pneus, qu'il a incendié. La jeune femme a alors appelé un ami car elle ne se sentait pas en sécurité au sein de sa maison. Ceux-ci ont tenté de raisonner le prévenu mais très vite, Michel a sorti un couteau et un jerrican d'essence. Rapidement, Manon a contacté les services de police afin d'intervenir.

A l'arrivée des policiers, les choses se sont envenimées. L'ami de Manon, a alors lancé un extincteur dans le véhicule de Michel, qui est venu percuter le volant. A la suite de cet événement, le prévenu a tenté de s'enfuir et a rapidement foncé sur les policiers. L'un d'eux a eu le temps de se retirer afin d'éviter de se faire percuter par Michel.

"Je conteste la tentative de meurtre. Quelqu'un m'a lancé un extincteur par la fenêtre de mon véhicule. Par réflexe, j'ai voulu m'enfuir et je me suis dirigé vers l'un des policiers. Je vous réponds selon la déclaration des témoins, je ne me souviens pas des faits. Je ne conteste pas l'incendie, le harcèlement et les menaces à l'égard de Manon. Je vivais une relation toxique et je suis profondément désolé. Suite à la séparation, je reconnais que j'ai su prendre aucun recul. Je n'aurai pas dû commettre ce que j'ai fait. L'élément déclencheur a été une dispute concernant les enfants. Je ne me souviens plus des jours qui ont précédé les faits. Dans le cadre de ce conflit familial, j'étais tout seul. J'ai donc craqué", déclare le prévenu.

Il vit avec des regrets

Le prévenu, ancien armurier, est tombé lourdement dans l'alcool. Pour l'avocate du prévenu, dans un couple, tout le monde a une part de responsabilité.

"Les comportements de Manon et Michel n'ont pas été faciles ni pour l'un ni pour l'autre. Mon client a énormément de regrets, il a vraiment pété les plombs. Depuis sa détention, il est pris en charge par des psychologues et souhaite à l'avenir se faire suivre en ce qui concerne sa consommation d'alcool. C'est une personne calme, raisonnée, qui a pris conscience de ses actes". L'avocate sollicite donc une suspension probatoire du prononcé avec un suivi psychologique et un suivi pour contrôler sa consommation d'alcool ou un sursis probatoire.

Selon l'avocat de la partie civile, Manon semble éprouver de la compassion mais également de la colère à l'égard de Michel. Ce dernier noyait ses problèmes dans l'alcool. L'un des enfants du couple, présent à l'audience a aujourd'hui, une forte rancœur pour son père et craint pour l'avenir. Lors de l'audience, Manon a souhaité témoigner devant la barre.

"Michel refusait de nous laisser vivre, les enfants sont très fragilisés. Nous souhaitons qu'ils soient pris en charge".

Pour l'avocat du policier ayant évité le pire, ce dernier s'en est très bien sorti. "D'après la déclaration du policier, le véhicule a fortement accéléré vers leur direction. Heureusement, tout le monde a eu beaucoup de chance dans cette affaire. Les policiers ne sont pas payés pour se faire menacer avec un couteau ou pour se faire foncer dessus". L'avocat sollicite donc un dommage moral de 1.000 euros.

Le représentant du ministère public requiert une peine de cinq ans d'emprisonnement ou quatre si la prévention concernant la tentative de meurtre n'est pas prise en compte.

Le jugement sera prononcé le 22 avril.