Christian Croain, ancien leader des Polaris, fête ses 50 ans de vie en chansons

FROYENNES À 64 ans, Christian Croain, ancien leader des Polaris, n’a toujours pas envoyé sa première guitare à la casse. Même s’il lui manque deux cordes.

Cette première guitare, l’inconditionnel de l’émission Salut les Copains l’a reçue il y a 50 ans. C’était pour ses 14 ans, le 7 avril 1962. J’ai eu une révélation pour la musique quand j’étais à La Panne et quand j’ai entendu la chanson J’entends siffler le train de Richard Antony. C’est d’ailleurs le premier morceau que j’ai joué avec ma guitare. J’en ai d’ailleurs payé la moitié. Elle coûtait 800 francs belges à l’époque et j’avais économisé 400 francs sur deux années.”

Dans la foulée, le groupe des Polaris a été fondé depuis la maison familiale à Templeuve. “On faisait de la merde au début mais on n’avait peur de rien. Et on a très vite démarré.”

Le frère de Christian, Serge, faisait partie de l’aventure. Leur père, Albert, a été le premier manager du groupe. “Mon école a dit à mes parents que je devais choisir entre les études et la musique et les bals. J’étais bon élève mais il a fallu faire un choix… J’ai fini à l’école de coiffure. J’étais là très bien, il y avait plein de filles.”

Christian a ensuite pris les rênes du groupe. Certains sont partis, d’autres sont entrés. “En 1968, j’ai contacté le Golf Drouot, le temple de la musique à Paris. J’ai voulu provoquer les choses, et nous avons été invités. Nous sommes donc allés à Paris, avec des costumes Louis XV. Nous avons fait notre truc, sans prétention. Cela a très bien marché et à la fin, le DJ a dit que nous avions gagné.”

Quelques semaines auparavant, les Polaris avait déjà remporté le festival Âge tendre et tête de bois sur la chaîne française RTF (ex-ORTF). “Nous étions déjà très pro et tout le monde chantait. C’était vocal, mélodieux. À l’époque, on faisait des reprises. En anglais surtout. Je ne comprenais rien à ce que je chantais. C’était du yaourt, de la phonétique pour moi, mais cela marchait.”

Après ce double succès, Christian s’est mis à composer. Noël notamment. Les mille 45 tours ont été vendus en deux semaines dans la région. “Elle tournait dans tous les juke-box du coin.”

Puis, les Polaris ont sorti une version en français de la très bavaroise Schön Meid . Ce qui a donné : Jolie fille . Un tabac ! Un tube que l’on entend encore aujourd’hui en soirée.

Les Polaris vendront un million d’albums, avec d’autres succès comme Marie-Line et Mademoiselle Ninette . Cette aventure aura permis à Christian de rencontrer Dalida, Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg, Claude François, etc.. Les Polaris s’arrêteront en 1985 – il y aura un bref retour au milieu des années 2000 –. Christian Croain, lui, poursuit l’aventure. Il vient même de sortir un nouvel album.



© La Dernière Heure 2012