Décidément, de près ou de loin, il se passe toujours quelque chose au conseil communal d'Antoing. On se souvient il y a quelques années, en juin 2017 pour être précis, des six élus de l'opposition de l'époque qui avait mené une action silence. Lassés de ne pas être écouté par la majorité, ils s'étaient abstenus sur tous les points à l'ordre du jour sans jamais prendre la parole. Le conseil avait alors été bouclé en moins d'un quart d'heure, temps record !

Ce jeudi, c'est le Groupe Ouverture, présent dans l'opposition, qui a fait parler de lui en décidant de quitter le conseil communal dès l'ouverture du conseil.

C'est le chef de groupe Jean-Bernard Vivier qui a annoncé la décision de GO au conseil. "Je suis déçu de devoir prendre la parole en ce début de conseil, a-t-il assuré. En effet, afin de le préparer, nous nous sommes réunis plusieurs fois en visioconférence, nous étions prêts et le travail de l'équipe GO était productif et proactif aux diverses demandes des citoyens. Malheureusement, une fois de plus, le jeu des questions orales et écrites (QOE) est venu plomber notre travail et notre enthousiasme ce soir. Ces QOE voulues et votées par votre ROI sont encore une fois devenues un jeu antidémocratique. En effet, le collège s'amuse à mettre des pressions ou à détourner nos questions avant même que le conseiller n'ait eu le temps de la poser ou de l'étayer par divers points pertinents."

Jean-Bernard Vivier s'est ainsi fait, en tant que chef de groupe, porte-parole du ras-le-bol sur le manque de considération sur le travail du GO. "Nous allons donc, solidairement suivre nos conseillers à qui vous forcez le mutisme et nous quitterons ce conseil à la fin de ce point d'introduction. Si la situation devait perdurer, nous serons dans l'obligation d'en faire référence au ministre des pouvoirs locaux afin que la démocratie retrouve sa légitimité au sein de ce conseil."

Mais que s'est-il passé pour en arriver à pareille situation ? En réalité, un membre du GO a, en amont du conseil communal, posé une question au bourgmestre au sujet du trafic sur la N507. Ce dernier n'ayant pas la réponse en interne, il a donc tenté de la trouver à l'extérieur de la commune, et plus précisément auprès du directeur d'une entreprise qui a un projet sur cette voirie. Personne qui n'est autre que l'employeur du conseiller qui a justement posé la question...

Pour le GO, cela s'apparente à un coup de pression. "Évidemment, comme la question a été présentée ou expliquée, le directeur en question pense que certains sont contre le projet, ce qui n'est évidemment pas le cas."

Face à ces propos, le bourgmestre Bernard Bauwens (PS) s'est insurgé. "Des questions nous sont posées, c'est tout à fait normal vous en avez le droit. Dans ce cas précis, je n'avais pas la réponse, j'ai donc contacté un directeur qui pouvait me la donner. Et il se fait que ce directeur est actif sur le même lieu de travail que le conseiller qui m'a posé la question. Je n'y suis pour rien si votre conseiller est actif pour la commune sur son lieu de travail en m'envoyant un mail depuis son poste de travail professionnel. Je n'ai certainement pas mis de pression sur le directeur du conseiller. J'ai juste transféré son mail ! S'il s'est fait tirer les oreilles, ce n'est tout de même pas ma faute ! C'est le conseiller qui a fait une erreur, pas moi ! Je n'ai jamais mis la pression sur son patron !"

Ce vendredi matin, Bernard Bauwens n'avait pas encore digéré ce nouvel épisode. "Le conseiller en question a dit à son directeur qu'il allait retirer la question et, maintenant, on dit que c'est moi qui ai mis la pression sur le directeur pour que la question soit enlevée. C'est complètement faux ! De plus, on raconte que le conseiller a reçu un savon de la part de sa direction alors qu'il lui a simplement été dit qu'il ne devait plus faire de politique sur son lieu de travail, cela s'est arrêté-là !" Le bourgmestre explique qu'il ne laissera pas passer cette histoire. "Cela commence à bien faire, c'est honteux de manipuler des propos et de ne pas dire la vérité. Cela me met en colère. Ce qui a été déclaré en ouverture de conseil ce jeudi soir sera retranscrit mot à mot et je vais déposer plainte auprès du ministre de tutelle."