Malgré des tests de détéction négatifs, le germe du coronavirus peut encore s’activer dans les heures prochaines, ce qui incite le motard, de retour d'Abu Dhabi, à la plus extrême prudence.

L’aventure du Mouscronnois Serge Seynaeve a viré au cauchemar à Abu Dhabi. 

“J’avais pris le départ, à moto, du Tour des Émirats Arabes Unis, comme pilote de Justin Setterfield, le photographe de l’agence américaine Getty Images. Quand, ce vendredi, au petit-déjeuner, nous avons été priés de rejoindre nos chambres jusqu’à nouvel ordre”, raconte, presque en sueur, l’ancien coureur cycliste pro qui partage désormais sa vie professionnelle entre la passion de la moto et le négoce du vin.

Attente angoissante

Serge et son binôme apprennent que ces mesures de confinement sont liées à la contamination de deux membres d’une équipe cycliste italienne, détectés positifs au coronavirus.

“Pas de panique pour autant, car ni Justin, ni moi n’avons ressenti le moindre symptôme de la maladie qui fait rage. Mais, le plus stressant, c’était de devoir faire face à des informations sans cesse contredites”, poursuit le Templeuvois d’adoption.

Si Serge et son photographe ont rapidement eu la confirmation que leurs tests médicaux s’avéraient négatifs, ils n’en ont pas moins galéré. 

“Les médecins nous ont rassurés, mais les membres de l’organisation ont reporté, à plusieurs reprises, notre transfert de l’hôtel à l’aéroport de Dubaï, au prétexte qu’il fallait que nous disposions d’un document officiel du gouvernement attestant de notre innocuité”, explique-t-il avec agencement.

Un blanc-seing qui n’a jamais été fourni aux suiveurs du Tour des Émirats Arabes Unis, prématurément interrompu pour cause d’atteinte par le coronavirus.

© Luca Bettini

Pas de chance

“À l’heure qu’il est, si les photographes de presse et leurs pilotes ont bénéficié d’un sauf-conduit jusqu’à Dubaï, il n’en demeure pas moins que deux équipes françaises, Cofidis et la Française des Jeux, seraient encore confinées dans leur hôtel. Et que les nouvelles, concernant deux coureurs ne sont pas forcément rassurantes”, avance sur le ton de la prudence inquiète, celui qui n’a jamais vraiment raccroché le vélo au clou.

De retour à Templeuve, après avoir atterri à Lille, Serge n’a pas eu le temps de faire une petite lessive.

“Je m’étais engagé, auprès de la RTBF, a intégrer,, comme chaque année, l’équipe de retransmission du Grand Prix Samyn, l’épreuve d’ouverture de la saison en Wallonie. Il faut par conséquent que je rejoigne Quaregnon, sans tarder”, abrège-t-il en rassemblant quelques affaires dans une sacoche.

Principes de précaution

Serge a conscience qu’au cours des prochains jours, il peut encore être porteur du germe du coronavirus en sommeil, comme un risque latent.

“C’est la raison pour laquelle, je garderai les distances qui s’imposent avec mon cameraman et toutes les personnes que je rencontrerai, ce mardi, dans le Borinage”, ajoute le motard qui se refuse à mettre en péril la santé de ses amis.

L’homme a d’ailleurs décidé, pour les mêmes raisons, de ne plus rendre visite à sa maman qui est en maison de retraite. Du moins durant quinze jours. 

“Et ce week-end, je n’accueillerai pas non plus mon fils Robin à la maison pour éviter de lui faire prendre le moindre risque”, ajoute-t-il à regret.

De même qu’en accord avec Tim Dewaele, le photographe avec lequel il couvre la campagne italienne de printemps, le baroudeur envisage de faire l’impasse sur l’Estrade Bianche, en Toscane, pour attendre prudemment le départ de la première étape de Tirreno Adriatico, le 11 mars prochain.