Travaillant en plein air, ces derniers sont moins exposés que les entreprises de pompes funèbres.

Bien que confiné comme nous tous, Xavier Deflorenne est loin de faire le mort ! Comme beaucoup, il expérimente le télétravail depuis son domicile. Il faut dire que la propagation du coronavirus impacte aussi fortement son secteur d’activités professionnelles, dont il est la personne de référence.

" Depuis lundi dernier, je passe mes journées au téléphone pour gérer les préoccupations et les angoisses des fossoyeurs ainsi que celles des communes. En cette période de pandémie inédite, ces dernières ont besoin d’informations claires et précises quant aux mesures sanitaires qui prévalent lors des cérémonies religieuses (obsèques, mariages, baptêmes). Les règles édictées par le fédéral pour limiter les risques de contamination interdisent les rassemblements de plus de 10 ou 20 personnes lors des différents offices dans les églises. "

Notre expert est également très sollicité par les fossoyeurs, à qui il dispense des formations tout au long de l’année. Ils sont environ 500 à exercer cette profession sur le territoire wallon, qui compte 2 200 cimetières, auxquels il faut ajouter 1 300 nécropoles militaires ou abandonnées.

" Les fossoyeurs continent à travailler et à remplir normalement leurs missions de salubrité publique. Pour le moment, les campagnes d’exhumation en cours ne nécessitent aucune mesure de sécurité supplémentaire que celles qui existent déjà. Pour eux, il n’y a aucun danger à manipuler un cercueil fermé contenant la dépouille d’une personne décédée du Covid-19, d’autant que celle-ci est enveloppée dans une housse.

Par contre, il y a un risque de contagion de vivant à vivant et les mêmes règles de distanciation sociale s’appliquent dès lors dans le cadre des chantiers de désaffectation ainsi que durant les inhumations. Étant en contact direct avec les proches des défunts, les entreprises de pompes funèbres sont, elles, beaucoup plus exposées au virus ."

Notre interlocuteur comprend la douleur des familles endeuillées qui, en raison de l’épidémie actuelle, n’ont pas toujours la possibilité d’accompagner les leurs vers leur dernière demeure, ni de leur offrir des funérailles dignes de ce nom. " D’un autre côté, je suis convaincu qu’aucun défunt n’aurait envie dans ses dernières volontés d’être la source d’une contamination potentielle pour ceux qui lui survivent ."