Les 10 bureaux des services provinciaux de santé mentale du Hainaut, dont ceux de Tournai, Mouscron, Comines et Ath, sont actuellement inaccessibles. 

Tous restent cependant joignables grâce une permanence téléphonique, avec une seule personne à la fois présente dans les bureaux, conformément aux mesures de précaution sanitaire. "Selon les jours, les appelants peuvent être en contact soit avec une logopède, soit une psychologue ou encore une secrétaire… puisque nous nous relayons ", explique Olivier Demouselle, psychologue-responsable du service de Colfontaine.  "Les patients reçoivent toujours une écoute attentive et peuvent être orientés vers un autre jour d’appel, en fonction de leur motif d’appel ". 

Le confinement augmente les effets des problématiques rencontrées. Dans tous les services, les permanences sont accessibles à tous, patients déjà suivis ou non. "Même s’il est impossible d’assurer des consultations thérapeutiques classiques par téléphone (ndlr : les conditions « techniques » ne sont pas réunies. Par exemple, il est impossible d’observer la communication non-verbale des patients, extrêmement utile dans le cas des consultations psychologiques), les patients sont soulagés de pouvoir échanger; au moment de raccrocher, ils sont revenus à un état supportable". Et si nécessaire, le patient peut rappeler le lendemain ou la semaine suivante.

Les régions couvertes par les services provinciaux de santé mentale sont Ath, Binche, Colfontaine, Comines, Charleroi, Courcelles, Saint-Ghislain, Mons, Mouscron et Tournai. Autant dire, presque tout le Hainaut. Et si elles sont relativement semblables, les problématiques rencontrées dans les différents services ont quelques spécificités.

À Tournai, on redoute tant l’exacerbation des tensions liées au confinement familial que celles liées à l’isolement. "De plus,une augmentation de la consommation chez les alcooliques et les toxicomanes est à craindre", explique Cécile Bauvois, psychologue-responsable du SPSM de Tournai. " Par contre, certains patients en burn-out ou sans-emploi vont mieux, soit parce qu'ils sont éloignés du problème, soit parce qu'ils se sentent "comme tout le monde". 

"Du côté des adolescents, on constate beaucoup d’interrogations concernant le cursus scolaire et leur avenir pour cette année", témoigne Stéphanie Anciaux, psychologue-responsable du SPSM de Charleroi. "Ils subissent une pression du système scolaire avec un travail à domicile, tout en se sentant seuls face à eux-mêmes. Leur motivation s’en voit détériorée ". En parallèle, le service constate que les patients, parents, s’inquiètent quant à eux concernant la gestion du temps et des activités de leurs enfants.

Les façons de travailler ensemble se réinventent dans ces professions où l’on n’est pas forcément proche de l’outil informatique . "Nous nous initions au système de vidéo-conférence avec mon équipe", explique Mélanie Carion. "Même si nous tenons un carnet de communication pour suivre chaque appel de patients, c’est important de se voir vraiment, de s’informer dès que nécessaire mais aussi de se soutenir mutuellement . Cette situation est en effet contre-nature pour nous. C’est notre métier d’aider les autres et pourtant, on doit s’en tenir éloignés. C’est aussi une frustration difficile à vivre".

Au-delà des citoyens, les professionnels des services de santé mentale seront bientôt présents pour d’autres professionnels qui ont également besoin de relâcher « la soupape ». "Début mars, nous (ndlr : tous les services provinciaux de santé mentale) avons adhéré à un projet commun", explique Laurence Nazé, psychologue-responsable du service de Mons. L’AVIQ et la Fédération wallonne des services de santé mentale ont en effet lancé le projet d’un numéro vert.

Voici les coordonnées des services provinciaux de santé mentale en Wallonie picarde. Ils vous répondront dans la mesure des disponibilités de leur ligne:

Ath : 068/265090; Comines:- 056/557151; Mouscron: 056/346789 et Tournai: 069/227248.