La Ville va mettre à disposition deux terrains communaux pour des projets agricoles.

Quand on sait qu’en Belgique un hectare de terres agricoles tourne autour des 50 000 € et que le salaire moyen brut d’un agriculteur est de 15 000 € par an, soit moins de 4 € de l’heure, on comprend pourquoi il est très difficile pour les personnes qui le souhaitent d’avoir accès à la terre.

"Suite au dernier événement que nous avons organisé, cinq groupes de travail se sont mis en place dont un sur l’accès à la terre", explique Sophie Caillau, maraîchère et membre de la Ceinture alimentaire du Tournaisis.

C’est suite à ce constat que ce collectif de paysans et citoyens, conjointement à la Ville de Tournai, à l’initiative de Caroline Mitri (Ecolo), échevine de l’Environnement, ont décidé de lancer un appel à projet intitulé Creafarm Tournai.

Deux terrains communaux

Le projet était d’ailleurs débattu ce lundi soir lors du conseil communal de la cité des Cinq Clochers. En effet, l’appel à projet Creafarm Tournai consiste en la mise à disposition de terrains communaux.

"Nous visons plusieurs objectifs, détaille l’échevine. Nous voulons encourager le développement de projets agro-écologiques, favoriser l’accès à la terre, stimuler l’autocréation d’emplois, répondre à une demande croissante du consommateur pour des produits locaux de qualité et encourager les filières courtes de distribution pour renforcer l’économie alimentaire locale."

Les terrains mis à disposition par la commune se situent à Rumilies ainsi qu’au Vert Bocage. "À Rumilies, le terrain de 22 ares se situe à la rue du Corbeau. Du côté du Vert Bocage, il s’agit du terrain de football. Plus aucune équipe n’y évolue. Nous allons donc prendre un peu plus d’un hectare. Le reste sera toujours dédié au football avec une parcelle dédiée au mini-foot."

L’appel à projet est ouvert jusqu’au 15 janvier et un jury se réunira cinq jours plus tard.

Le but étant que les projets puissent démarrer au printemps. "Tout est ouvert au niveau des projets, de la cueillette aux petits potagers."

Un agriculteur du village d’Esplechin a décidé de se joindre au projet Creafarm.

Outre les terrains communaux, le projet Creafarm peut également compter sur un terrain privé. Une parcelle de 6 hectares va également être mise à disposition par un agriculteur du village d’Esplechin. "Cela va permettre à plusieurs projets de voir le jour", souligne Didier, propriétaire du terrain en question.

"Quand j’ai entendu parler de ce projet, j’ai voulu en être. C’est aussi un projet social. J’ai en tout 32 hectares de terrain et je suis seul dans mon exploitation. Après avoir eu des ennuis de santé, j’ai commencé à réfléchir un peu plus loin. Je me suis dit que, seul, je ne pouvais plus tout faire. Creafarm va donc me permettre d’avoir des personnes qui vont travailler avec moi, de vivre un échange dans le travail."

Cette première mise à disposition d’un terrain privé en appellera d’autres. Didier en est certain. "Cette démarche va faire réfléchir les agriculteurs", assure-t-il.

"Comme moi, beaucoup sont seuls à devoir tout assumer. Certains sont même encore plus âgés que moi. S’il leur arrive quelque chose, imaginons que l’agriculteur se casse une jambe, qui va les aider ? Cette démarche va se faire au fur et à mesure et doit faire changer la vision des choses. Il y a cinq ou six ans, je ne pensais pas comme cela."

Ce terrain privé n’a évidemment pas dû recevoir l’approbation du conseil communal. Il n’y a cependant pas de différence avec l’appel à projet pour les terrains communaux. Le jury qui choisira les heureux élus sera le même du côté tant public que privé.

Plus d’informations : www.tournai.be