L'actualité fait que, encore une fois, l'extrême droite est ramenée sur le devant de la scène. La montée de ce courant un peu partout dans le monde inquiète.

Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai, a justement mené une réflexion sur la question. Durant tout le mois, le mayeur tournaisien a multiplié les représentations lors des manifestations patriotiques.

"Du monument aux morts au monument de la résistance, d'un recueillement devant la stèle d'un pilote tournaisien mort au combat ou d'un pilote anglais qui se sacrifie pour éviter un carnage dans un village, de la création d'une stèle pour un résistant à Kain ou encore la mise en valeur d'un cimetière anglais où reposent 70 corps, tous ces événements procèdent de la même philosophie, celle de mettre en lumière des personnes qui ont perdu leur vie pour que nous puissions vivre aujourd'hui en démocratie", explique Paul-Olivier Delannois.

Ce dernier cite ensuite les points communs parmi toutes ces victimes des deux guerres. "La jeunesse de tous ces soldats. Cette chair à canon était de la chair fraîche, des femmes et des hommes qui avaient toute leur vie devant eux. Un autre point commun de toutes ces manifestations peut se trouver dans le message systématiquement répété depuis la fin des hostilités : plus jamais cela, plus jamais la guerre."

Une expression qui date de la première guerre mondiale et qui n’a malheureusement pas empêché la seconde. "Les dieux ont toujours soif chante Brassens n’en ont jamais assez et c’est la mort, la mort toujours recommencé..."

Si, un peu plus d’un siècle après la première guerre mondiale, un peu plus de 3/4 de siècle après la seconde, ça peut paraître tellement loin, Paul-Olivier Delannois n'est pas de cet avis. "Avec la montée des extrémismes de tout poil, le ça ne m’a jamais apparu aussi proche. Pour me l’expliquer, je pourrai commencer par faire de l’autoflagellation en désignant le politique comme seul et unique responsable mais, même si cela peut faire plaisir aux nouveaux complotistes, n’est ce pas assez simpliste comme raisonnement ? Le simplisme est au minimum ce qui relie tous les extrémismes qu’il soit de gauche ou de droite et tous les régimes, à aucune exception près, qui se sont revendiqués à l’extrême ont toujours accouché des systèmes où l’humain devenait un numéro et ce même numéro devenait ensuite une victime."

Le bourgmestre de Tournai cite alors l’attaque du Capitole. "J’ai été frappé par plusieurs symboles. Le premier, s’en prendre au Capitole, était avant tout s’en prendre au symbole de la démocratie parlementaire. Et le second acte commis par ces écervelés fut de casser les caméras et les appareils photos. Aussi, qu’il me soit permis d’alerter également les médias car si affaiblir les démocraties est le but de tout extrémiste, je crains qu’éliminer la presse sera le moyen pour y parvenir."

Et Paul-Olivier Delannois de conclure. "Pour en revenir au début de mon propos, j’espère que l’affirmation plus jamais cela ne deviendra pas de simples mots bientôt remplacés par tout ça pour ça, mots aussi simples qui mis bout à bout ont une signification horrible."