Les incivilités environnementales sont de véritables fléaux pour la propreté publique. Nombreux sont malheureusement les exemples à Tournai, un petit tour dans les parcs du centre-ville suffit pour illustrer la problématique qui n'est pas sans conséquence pour l'environnement. Comme le signale en effet le conseiller communal Emmanuel Vandecaveye (MR), outre la dégradation des paysages, ces déchets sauvages polluent les sols et les eaux. Par ailleurs, la gestion de ces déchets sauvages est très lourde pour les budgets des communes et donc, pour le portefeuille des citoyens.

"Pour remédier à cette situation, le ministre wallon de l’Environnement, appuyé par l’association Be WaPP, a organisé en 2019 un appel à candidatures destiné à soutenir les communes dans l’élaboration d’un véritable Plan Local de Propreté, explique-t-il. L’asbl Be WaPP souhaite accompagner les communes et organise différents appels à projets destinés à aider et soutenir les communes dans leurs initiatives en matière d'amélioration de la propreté publique. Tournai a été sélectionnée dans cette optique et a donc la chance de pouvoir compter sur ce soutien comme pour le subside récent pour l’achat de caméras de vidéosurveillance pour identifier les auteurs d’incivilités."

Un an après l’élaboration participative de ce Plan Local de Propreté (PLP), Emmanuel Vandecaveye a souhaité savoir auprès de l'échevine des Espaces verts et des Travaux, Laurence Barbaix (PS), quelles actions concrètent avaient pu être menées à Tournai.

"J’ai parfois la désagréable impression que certains font sur le domaine public ce qu’ils ne feraient pas chez eux, regrette l'échevine. L’incivilité va du jet de la canette au dépôt clandestin, dont on ne puisse pourtant pas dire qu’il s’agit d’une maladresse. Notre entité est la plus étendue de Belgique. Et les moyens dont nous disposons sont, comme pour l’entretien des voiries, fort limités. Certains laissent parfois entendre que la Ville ne fait rien. Ces réflexions m’interpellent car je rappelle que ce n’est pas la Ville qui pollue ou qui encrasse nos rues et nos campagnes."

À Tournai, près de 80 agents œuvrent ainsi chaque jour pour la collecte des immondices au volant d’une balayeuse ou d’une hydrocureuse, à bord d’une camionnette pour les dépôts sauvages ou sacs bleus non ramassés, devant leur glouton ou derrière leur charrette à nettoyer les fossés ou les voiries. Un travail qui n'a jamais été à l'arrêt depuis le début de la pandémie. "Il y a aussi le service des agents constatateurs qui sont envoyés dès qu’un dépôt est signalé. Ils comptent à leur actif plus de 8 000 dossiers annuels. Le service peut aussi compter sur l’aide ponctuelle des stewards urbains de l’asbl centre-ville qui relaient les dépôts en intra-muros." 

Pour répondre à la question posée, Laurence Barbaix a expliqué que le service Environnement de la Ville, qui met en œuvre les plans d’actions du PLP, a réalisé de nombreuses auditions de personnes de terrain pour définir les points noirs de l’entité, a fait le diagnostic des mesures déjà en place et a lancé une consultation publique via une plateforme participative en raison de l’impossibilité de réunir des citoyens. "La synthèse a fait l’objet d’un très ample et instructif rapport de 50 pages réalisé par Benjamin Missiaen, du service environnement de la Ville."

Sur base des différents constats, le service a établi un plan d’action en 10 points pour la période 2021-2023. Un plan d’action qui a été approuvé en collège le 30 octobre dernier pour un budget de 60 000 € dont 43 250 € sont subsidiés.

Ce PLP décrit dix actions qui seront mises en place prochainement. On y retrouve notamment des campagnes de sensibilisation et de prévention pour les déchets sauvages dans l'espace public, la mise en place de tri sélectif dans l'espace public, la mise en place d'un système de vidéosurveillance aux points noirs de l'entité ou encore la remise d’un écolabel commerces respectueux pour l’environnement.

La Ville de Tournai a enfin encore été retenue pour l’optimalisation des poubelles publiques. "Notre brigadier propreté est d’ailleurs occupé à faire un cadastre de toutes les poubelles présentes ou manquantes de l’entité, y compris celles qui sont installées par le TEC aux arrêts de bus. Travail de fourmi qu’il doit intégrer dans ses nombreuses missions. Toujours pour les poubelles, le bureau d’études voiries lance annuellement un marché pour l’acquisition de poubelles, qui sont désormais munies de cendriers, car même s’il est moins visible, le mégot est un véritable poison pour la qualité de l’eau."