Comme toutes les activités culturelles, la chorale Pro Musica a dû s'adapter aux différentes mesures prises par le gouvernement. Arrêtée au premier confinement, puis autorisée de reprendre début juillet et de nouveau suspendue vers mi-octobre, la troupe tangue depuis plusieurs mois. Lors de la première reprise, le groupe d'amateurs s'est ajusté pour le bien-être de ses choristes. Habituellement, les répétitions se font dans un petit local familial. Cependant, comme les distanciations n'étaient pas respectées, il a fallu revoir l'organisation. C'est pourquoi, les répétitions se sont déroulées durant plusieurs semaines dans la grande salle de l'école communale de Dergneau.

Bien entendu, toutes les précautions ont été prises avec notamment la mise à disposition de gel hydroalcoolique, une distanciation d'1m50 ainsi que le port du masque lors des déplacements et les quelques minutes de pause proposées au groupe. Les choristes étaient plus qu'heureux de recommencer courant juillet. Cependant, certains éléments n'étaient pas faciles à gérer notamment la distance. "C'était compliqué de chanter à distance, il a fallu un temps d'adaptation", déclare Alice Delfosse, présidente de Pro Musica. Seulement, la hausse des contaminations de la COVID-19 a obligé la chorale de Dergneau à arrêter ses répétitions vers le mois d'octobre.

Cette interruption a bien entendu des conséquences pour ce groupe d'amateurs. "Quand on arrête de chanter pendant longtemps, ce n'est pas évident. Il faudra travailler et se remettre dans le bain", précise Anne Delcoigne, la chef de chœur. De plus, de nombreux projets sont tombés à l'eau comme le concert au profit du Télévie, de la Sainte-Cécile ou encore celui qui aurait dû se dérouler dans les deux maisons de repos de Frasnes.

La chorale dit "non" à l'innovation

Pendant cette période alarmante, nous avons pu constater de nombreuses idées innovantes venant du secteur culturel afin de garder un lien avec leur public. Internet et les réseaux sociaux ont joué un rôle bénéfique pour toutes ces organisations. Néanmoins, Pro Musica n'a pas voulu se renouveler pour continuer leur passion. " Nous avons pensé à innover mais, pratiquement ce n'était pas évident. Tous nos choristes n'ont pas Internet, Facebook ou même d'ordinateur." La chorale de Dergneau ne se considère pas comme un groupe professionnel et ne se sent donc pas assez connaisseuse pour se procurer toute la logistique nécessaire.

De plus, pour se lancer dans de nouveaux défis, il faut prendre beaucoup de temps et certains choristes ont un travail qui leur demande déjà beaucoup d'implication. Malgré cette décision, "le groupe reste uni" et souhaite reprendre le plus rapidement pour retrouver la vie d'avant. Car dans une chorale, et surtout au sein de Pro Musica, " il n' y a pas que le chant mais aussi la convivialité qui compte."