Lors de ces derniers mois de crise, le commerce de proximité a connu un regain d’intérêt de la population. Maraîchers, bouchers et agriculteurs ont vu le taux de fréquentation de leur établissement grimper en flèche. Et des organismes régionaux ont orienté leur communication pour appuyer ce type de commerce de proximité.

À une autre époque, même les animaux étaient abattus dans des abattoirs de dimension modeste avant que leur viande ne soit exposée à l’étal du boucher du coin. C’était le cas notamment à Pottes, chez le boucher Bossu qui avait son petit abattoir à l’arrière de la boucherie.

Retour à la ferme

Aujourd’hui, certains producteurs voudraient revenir à l’abattage à la ferme.

" En Wallonie, 50 millions d’animaux ont été abattus l’an dernier en vue de l’alimentation des consommateurs. En parallèle au travail mené pour améliorer la transparence, le contrôle et la formation dans les abattoirs, certains éleveurs souhaitent aujourd’hui développer un abattage à la ferme. Pour ceux-ci, l’abattage à la ferme devrait constituer une étape supplémentaire en vue de maîtriser la philosophie des circuits courts dans sa globalité ", avancent les cabinets de Céline Tellier et Willy Borsus.

Afin d’étudier les conditions de faisabilité techniques, économiques et légales des différentes méthodes, la ministre du Bien-être animal, Céline Tellier et le ministre de l’Agriculture, Willy Borsus ont débloqué un budget de 100 000 euros pour financer une étude scientifique sur le sujet qui devra objectiver sa pertinence.

" L’objectif est d’identifier concrètement les opportunités de développement de l’abattage à la ferme en Wallonie par espèce. Une analyse des éventuelles complémentarités entre le modèle d’abattoir classique et les méthodes d’abattage à la ferme sera également réalisée ", précisent les deux cabinets ministériels.

" La réflexion sur l’abattage à la ferme est d’actualité dans plusieurs pays européens. Cette technique pourrait améliorer le bien-être des animaux dans leurs dernières heures de vie, et c’est d’ailleurs la motivation première des éleveurs intéressés. Mais l’abattage à la ferme facilite aussi le circuit court et la vente directe ", avance Céline Tellier.

Une étude

" Il est important d’objectiver la faisabilité économique et opérationnelle de l’abattage à la ferme afin de voir si cette technique est soutenable économiquement. Cette étude sera à mettre en relation avec une autre étude, menée en parallèle par la Sogepa, et qui porte sur le paysage des abattoirs wallons. En effet, à la suite de la diminution du nombre d’abattoirs en Wallonie, l’abattage à la ferme pourrait représenter une alternative si elle se montre économiquement viable ", ajoute le ministre Borsus.

Cette étude sera menée en concertation étroite avec les représentants des agriculteurs (FWA, Fugea, Unab), des abattoirs (Febev, VIP), l’association Diversiferm, l’AFSCA, le collège des Producteurs et le Service public de Wallonie.

Notez que les universités ou Hautes écoles intéressées ont jusqu’au 9 octobre 2020 pour répondre à l’appel à projets disponible et auront 6 mois pour présenter leurs conclusions. Voici ce qu’en pensent deux agriculteurs de Wapi.Y.B