Quelque 80 % des réfugiés qui arrivent actuellement en Belgique ont un point de chute, chez des membres de la famille ou parmi des connaissances. Mais au fur et à mesure, la proportion de personnes qui ne sauront pas où aller et auront besoin d’un logement sera de plus en plus forte. "Et on constate que ceux qui arrivent maintenant sont de plus en plus perdus, avec beaucoup moins de moyens", indique Toni Da Costa (coordinateur Wapi 2040).

Les communes se préparent donc à assumer leur part de responsabilité. La Wallonie s’attend à devoir accueillir 60 000 Ukrainiens, la Wallonie picarde 6 000. Au prorata du nombre d’habitants, on connaît aujourd’hui la répartition de réfugiés en Wapi, où on a décidé de constituer sept "grappes" de communes au sein desquelles une commune leader désignera ou engagera un M. ou une Mme Ukraine.

Depuis la réunion du 15 mars, au cours de laquelle les bourgmestres et présidents de CPAS avaient une première fois échangé leurs expériences et balisé le travail à accomplir, deux bureaux (de la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux de Wapi) se sont réunis et ce mercredi a eu lieu une nouvelle réunion plénière. "Il s’agit d’aller plus loin dans la démarche, de décliner une action à l’échelle de l’ensemble du territoire".

On sait que le Gouvernement wallon versera 1€ par habitant pour l’accueil des réfugiés ukrainiens. Une partie de cette somme servira à engager des coordinateurs au sein de chaque zone. Il s’agira aussi, éventuellement, de meubler des logements collectifs. "Il y a une volonté d’identifier au sein de chaque grappe de communes au moins un bâtiment pour du logement collectif. Car on sait que la solidarité des citoyens et des familles d’accueil, même si elle est exceptionnelle, ne suffira pas".

Là où il y a des aménagements à réaliser, en matière de sanitaires, d’électricité, de chauffage, il faudra chiffrer le coût des travaux nécessaires et solliciter le Gouvernement wallon pour intervenir financièrement dans cet investissement dont les effets se feront sentir au-delà de l’accueil des Ukrainiens.

Beaucoup d’actions mises en place dans notre région se font sur base de partenariats. La zone de secours de Wapi, qui a déjà effectué deux convois vers la frontière ukrainienne, a commandé 1 000 lits de camp et 1 000 matelas. Mercredi, lors de la réunion plénière, il y avait des représentants de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, notamment Mehdi Kassou, porte-parole national, et Coralie Vantomme, représentante de la Wapi. "Il y a un échange de bonnes pratiques". L’" union sacrée" au sein de notre région épate d’autres structures ailleurs en Wallonie, nous dit-on. "On nous demande des détails sur notre fonctionnement".

Déjà, les bourgmestres préparent la deuxième phase d’accueil, à moyen terme. "Il y a d’innombrables détails à prendre en compte : l’accueil scolaire, les assurances, la gestion des bénévoles au sein des logements collectifs, etc."

Sept grappes de communes

La grappe constituée de Tournai, Brunehaut, Antoing et Rumes (avec Tournai comme commune leader) s’organise pour accueillir 1520 personnes.Mouscron, Estaimpuis et Pecq (avec Mouscron comme commune de référence) sont susceptibles d’accueillir 1 285 personnes.Leuze, Frasnes, Celles, Ellezelles, Flobecq et Mont-de-l’Enclus (Leuze est commune leader) se préparent à héberger 763 personnes.Enghien, Lessines et Silly (Enghien pour la coordination): 703 personnes.Péruwelz, Beloeil et Bernissart (Péruwelz commune de référence): 735personnes.Ath, Chièvres et Brugelette (Ath pour chapeauter): 686 personnes.Comines-Warneton: 308 personnes.