De nombreuses interrogations ne sont toujours pas levées, les responsables se cachant derrière le secret d'instruction.

Il y aura bientôt un an que le scandale concernant le détournement d'argent public avait éclaté au sein du CPAS de Tournai. C'est à l'époque Jean-François Letulle, membre Ecolo au conseil de l'Action social de Tournai, qui avait alerté la présidente du CPAS, Rita Leclercq (PS) sur d'importantes irrégularités. Une réunion avait alors été organisée en urgence et la directrice financière du CPAS de l'époque, Ariane Ruffelart, avait été suspendue sur le champ. En rentrant chez elle, cette dernière s'est alors suicidée.

La situation était alors devenue chaotique. Cette annonce de détournement tombait effectivement au plus mauvais moment alors que le CPAS tournaisien avait dû procéder à de nombreux licenciements. Depuis lors, rien n'a véritablement bougé. Plus aucune communication ne se fait, les autorités communales se cachant derrière le secret d'instruction.

Dans un premier temps, la somme de 2 millions d'euros avait été annoncée. Si cette dernière avait été quelque peu revue à la baisse par la suite, il en est tout autre près d'un an plus tard. On parle en effet aujourd'hui d'un préjudice minimum de 4 millions ! "Si ce montant n'a pas été affirmé, il n'a pas non plus été démenti par les personnes proches du dossier", assure Jean-François Letulle. Ce dernier déplore justement le manque criant de communication dans ce dossier.

"On peut évidemment comprendre que l'on ne s'étende pas sur les techniques mises en place afin de détourner tout cet argent, le modus operandi relevant en effet du secret de l'instruction. Ce qui n'est bien évidemment pas le cas en ce qui concerne la somme exacte. J'ai l'intime conviction que l'administration communale connaît le préjudice exact et ce n'est pas correct de ne rien dévoiler car cet argent, ce préjudice, c'est celui du contribuable !".

Le conseiller Ecolo de l'Action sociale se dit enfin inquiet par l'instruction du dossier qui se fait longue. "Plus cela dure et plus je suis pessimiste pour Tournai. Ça sent effectivement mauvais dans la gravité des faits. Le dossier aurait pu être vite classé vu le suicide de la directrice financière mais cela n'a pas été le cas...".