Tous les bailleurs sociaux ne sont pas forcément mauvais élèves en matière de gestion.

Ce sont deux chiffres récurrents, mais qui suscitent toujours des commentaires polémiques.

Avec quelque 5 200 logements sociaux inoccupés, c’est plus de 5 % du parc locatif qui végéterait en Wallonie.

Alors que, dans le même temps près de 40 000 familles sont inscrites sur liste d’attente !

" Ces statistiques, dont les chiffres demeurent stables au fil des années, ont de quoi provoquer l’émotion " , admet Devrim Gumus, le directeur-gérant du Logis tournaisien.

" Pourtant tous les bailleurs sociaux ne doivent pas pour être logés à la même enseign e" , rétorque-t-il aussitôt.

" Car en la matière, il faut faire preuve de pédagogie et de discernement " , souligne l’ancien responsable des travaux de la ville de Tournai, promu au rang de Chevalier de la Tour, samedi soir.

"Pour bien comprendre, il faut d’abord distinguer le logement social locatif, réservé à des personnes dont les revenus sont très faibles, voire précaires, du logement moyen destiné à la vente" , explique doctement notre interlocuteur.

Dans les chiffres , cela se traduit par un parc immobilier de 2 238 logements. Un patrimoine tournaisien qui compte 2 181 logements sociaux locatifs pour 57 logements moyens.

"Ensuite, on peut regarder, de plus près, ce fameux taux d’inoccupation" , reprend le patron du Logis tournaisien.

"Si vous êtes propriétaire, ou même locataire, vous savez ce qu’il en coûte d’entretenir votre maison en bon père de famille. Certains de nos logements datent des années cinquante. Il est donc impératif de les rénover et de les mettre aux normes en matière d’isolation et d’économies d’énergie. Mais ces travaux, souvent d’ampleur, ne peuvent être réalisés qu’en l’absence de locataires évidemment", justifie Devrim Gumus.

Le problème, c’est que le temps des travaux, ces logements sont considérés, par les statistiques, comme étant inoccupés.

ceux-là s’ajoutent les bâtiments incendiés ou déclarés insalubres, souvent pour des raisons d’instabilité des sols et de façades qui risquent de s’effondrer. Mais il y a aussi ce que l’on appelle les logements tiroirs, c’est-à-dire les maisons mises à disposition de nos locataires, le temps des grands travaux. Cependant, comment voulez-vous faire autrement ? On ne peut quand même pas jeter les gens à la rue, au prétexte qu’il faille rénover leur habitat ", renchérit le polytechnicien, ingénieur civil en construction.

Néanmoins, le Logis tournaisien est considéré comme l’un des meilleurs élèves en Wallonie.

Car sur l’ensemble du parc immobilier, seules 81 maisons sont considérées comme inoccupées.

"Et cette fois-ci les chiffres plaident en faveur de notre société de logements sociaux. Car notre taux d’inoccupation, tel que défini par les statistiques, ne s’élève qu’à 3,6 % du patrimoine, alors que la moyenne est de plus de 5 % en Wallonie, avec de cruelles disparités dans certaines régions" , analyse, sans forfanterie, le directeur du Logis tournaisien.

"Et si l’on reporte ces chiffres au budget de fonctionnement on observe que le manque à gagner des logements en cours de rénovation s’élève à un montant de 27 600 euros pour l’exercice en cours, à raison d’un loyer mensuel d’environ 230 euros. Ces pertes locatives, rapportées aux recettes annuelles, à hauteur de 7 millions 500 mille euros représentent donc 0,37 % dans la balance", conclut celui qui tient aussi les cordons de la bourse.

Aux yeux du bailleur social tournaisien, ces pertes locatives sont le prix à payer pour offrir un logement de qualité, et surtout pour assurer la gestion du patrimoine de manière pérenne.

"Nous devons toutefois concentrer nos efforts sur l’attractivité des logements moyens. Comme c’est le cas à Templeuve, avec les nouvelles constructions basse énergie. Car 9 logements, sur les 20 mis à la vente depuis deux ans, cherchent toujours acquéreurs", reconnaît Devrim Gumus.

Le bon élève est aussi celui qui ne se satisfait jamais des résultats.