Depuis que celle-ci a cessé ses activités en 2007, la nature a repris ses droits sur le site de l’ancienne sucrerie de Brugelette, du moins dans la partie verte où subsistent pas moins de neuf bassins de décantation.

Depuis le rachat voici deux ans par Pairi Daiza de cette ancienne friche industrielle pour laquelle un ambitieux projet de revitalisation est à l’étude, la gestion de cette zone humide d’un grand intérêt biologique est du ressort de la fondation du parc animalier.

S’étendant sur une trentaine d’hectares, celle-ci abrite une faune et une flore riches et variées qui méritent d’être sauvegardées et mises en valeur tout en étant, à terme, partiellement visibles du grand public.

Des associations locales telles que celle de Francis Lemaire, dédiée à la nature et à la protection des espèces menacées (ANPEM), ont déjà une bonne connaissance du site après avoir entrepris un recensement des animaux et des végétaux.

De nombreuses variétés d’oiseaux et plus encore d’amphibiens - difficilement observables et identifiables avec les outils traditionnels des naturalistes - restent à découvrir.

Voilà pourquoi la fondation créée par Éric Domb a fait appel à une jeune spin-off de l’Université de Namur (e-biom) pour compléter le travail de recensement très précieux déjà accompli sur le terrain par des naturalistes.

Fondé voici 18 mois par Jonathan Marescaux, biologiste de formation à l’instar de ses quatre collaborateurs, e-biom œuvre à la préservation de la biodiversité par le biais d’une innovation scientifique qui permet de répertorier des espèces à partir de traces d’ADN présentes dans l’environnement.

"Après avoir eu accès à certains enclos du parc pour prélever des échantillons de terre dans le cadre de ses recherches, cette spin-off namuroise nous donne à présent un coup de main en prélevant des échantillons d’eau dans les bassins de la défunte sucrerie. L’objectif est de nous aider à en dresser un inventaire biologique le plus complet possible", explique Catherine Vamtsok, conseillère scientifique au sein de la Pairi Daiza Foundation.

"Au lieu d’observer les animaux et de les capturer, nous récupérons grâce à cette méthode révolutionnaire et reproductible dans le temps les fragments génétiques que ceux-ci laissent dans leur milieu naturel. Pour ce faire, nous utilisons une pompe portative qui filtre l’eau dans une capsule dont la porosité est tellement faible qu’elle retient l’ADN qui est ensuite extrait en laboratoire. Sur certains sites, nous parvenons à répertorier entre 80 % et 90 % des espèces", commente le responsable de la spin-off.

Bruno Deheneffe