Tournai-Ath-Mouscron Jori Dupont mènera la liste régionale du PTB pour la Wallonie picarde.

Après avoir figuré sur la liste PTB aux dernières élections provinciales, Jori Dupont est cette fois tête de liste aux élections régionales pour la circonscription Tournai-Ath-Mouscron.

Avoir des élus issus de Wallonie picarde, c’est important pour le PTB ?

"Évidemment, mais nous n’avons pas envie de défendre un secteur en particulier. Le but est d’avoir un groupe politique avec au moins cinq élus en Région wallonne. Il faut savoir qu’en dessous de cinq élus, on est des sous-députés. Le but n’est pas de défendre la Wapi mais de créer un groupe politique et de défendre l’ensemble de la Wallonie."

Quelles sont les priorités du parti ?

"Il y en a plusieurs comme la révolution climatique où l’on retrouve notamment les transports en commun gratuits pour tout le monde. Une gratuité complète car on la pense financièrement faisable, cela coûterait 130 millions d’euros, ce qui n’est pas énorme au regard du budget de la Wallonie. Niveau emploi, on est sur la même longueur d’onde que les syndicats pour le principe des 14 € de l’heure comme salaire minimal en Belgique. Enfin, on veut s’inspirer de ce qui se fait de meilleur dans tous les domaines chez nos voisins et ne plus parler de régression sociale."

Ces élections ne sont-elles pas plus délicates pour le PTB qui n’est pas présent partout dans la région ?

"C’est vrai qu’on est plus faible en Wallonie picarde par rapport à Charleroi, Liège ou La Louvière. On s’est implanté avant les dernières élections régionales avec la création, à l’époque, du PTB-GO. Il y avait alors un seul groupe pour toute la Wapi. Aujourd’hui, il y en a un à Tournai, Mouscron, Ath, Enghien et un à Péruwelz. Au-dessus de cela, on crée des groupes de travail sur différents thèmes. On a déjà plus de 300 membres dans la région. Un des intérêts majeurs de ces élections est de renforcer notre base."

Les élus PTB garderont leur salaire de travailleur. Annonce choc ou vraie mesure ?

"C’est du concret ! Par exemple, je travaille en tant qu’intégrateur web à Roubaix. Si je suis élu, je garderai le même salaire et pas un cent de plus en étant élu du PTB. On part du salaire médian belge et de cette échelle, on fait une sorte d’analyse au cas par cas. Nos élus seront rémunérés selon cette grille. Ils feront leur travail de citoyen et pas de la politique business. On milite aussi pour que les indemnités de départ ne soient plus appliquées. Les élus doivent être comme des citoyens, à la fin de leur mandat, ils sont alors au chômage."

Quelle est la véritable force du PTB ?

"Notre présence sur le terrain ! Ce mardi matin, lors de l’action de la FGTB, j’y étais comme d’autres camarades du groupe. Lors de chaque grève, notre place est là. On doit être aux côtés des travailleurs, ce que le PS ne fait plus."

On disait du PTB qu’il récupérait les électeurs socialistes déçus. C’est encore le cas ?

"Je pense qu’on a dépassé ce cadre. On l’a peut-être eu au début mais on ratisse plus large. Il y a toute une série d’indépendants qui s’intéressent au PTB car ils n’ont pas été défendus par le MR au contraire des grosses multinationales. On essaie aussi de capter, par notre plan climatique, de vraies écologistes. Ecolo, c’est un peu le capitalisme vert et leurs solutions ne sont pas à long terme et radicales. On ne doit pas opposer le combat climatique au combat social."

Des rencontres lors de ses études et une expérience professionnelle ont conduit Jori Dupont vers le PTB.

Âgé de 34 ans, Jori Dupont est arrivé dans le Tournaisis il y a une dizaine d’années, à la base pour le travail. Il n’était alors pas encore au PTB mais il connaissait les mouvements de gauche de par ses études secondaires à Saint-Luc à Liège. "Il y avait des communistes dans mon école et cela m’intéressait. Je n’avais cependant rejoint aucun parti. J’avais pourtant rencontré le PTB mais j’avais trouvé le parti trop dogmatique. C’était il y a quinze ans d’ici."

Entre-temps, le parti a organisé son congrès du renouveau en 2008. "Cela a retravaillé tout le concept du PTB qui est resté sur une base marxiste et convaincu qu’il faut un autre système que le capitalisme. C’est après cette réforme que j’ai rejoint le PTB." Son passage dans un parc animalier de la région a aussi joué un grand rôle. "J’y ai senti une véritable lutte de classe. Je travaillais avec un salaire ridicule de 9 € brut de l’heure avec une prime de 2 € brute par dimanche ou jour férié. Des ouvriers exploités d’un système…"

Jori Dupont s’est alors d’abord intéressé aux syndicats. "Cela ne marche malheureusement pas toujours. Dans une entreprise, pour qu’un syndicat soit fort, il faut que derrière les travailleurs suivent. Si le patron est suffisamment malin pour casser la mobilisation syndicale, on n’arrive à rien. J’ai alors pensé qu’il fallait aussi une lutte politique. Je n’ai pas retrouvé cette dernière chez le PS mais bien du côté du PTB."

Il est donc devenu membre du PTB, il y a six ans. "J’étais à la base simple membre, j’ai évolué petit à petit. De simple membre, je suis devenu militant puis président du groupe de Tournai pour être maintenant coordinateur de la Wallonie picarde."