Tournai-Ath-Mouscron

Tout a commencé, jeudi matin, par une initiative citoyenne sur les réseaux sociaux.

Émilie Dujardin et son compagnon, Thomas Tryhoen, proposent alors aux habitants de Templeuve d’effectuer un achat groupé de sapins de Noël.

"Nous ne savions pas que le fleuriste du village vendait déjà des conifères pour les fêtes de fin d’année ", explique Émilie, un peu surprise par les premiers commentaires, parfois virulents, des internautes. "À aucun moment, nous n’avions l’intention d’entrer en concurrence déloyale avec le commerçant . Nous irons même jusque chez lui, ce week-end, pour voir s’il est possible de rencontrer les intérêts de tous."

Car ce qu’Émilie et Thomas recherchent, ce sont des sapins qui ont grandi dans le respect de la nature, sans produits de pulvérisation. " Depuis près de trente ans, nous faisons confiance à un pépiniériste de la province de Namur, la zone géographique d’appellation protégée du sapin en Belgique ", répond justement Luc Liefooghe, le fleuriste lésé dans l’affaire. " Nous prenons le temps d’une journée pour nous rendre à Orchimont, au bord de la Semois, et embarquer 150 têtes d’épicéas de Serbie et de sapins bleus, deux espèces rustiques et de haute qualité ."

La réputation du sapin ardennais n’est plus à faire. Et ce n’est sans doute pas Émilie Dujardin, originaire de cette région, qui prétendra le contraire.

" Ce périple a un coût, surtout depuis qu’une taxe kilométrique supplémentaire frappe les véhicules de plus de 3,5 tonnes " , ajoute Luc Liefooghe, qui a déjà fait ses comptes. " Si nous ne vendons pas nos 150 sapins de Noël, nous perdons de l’argent dans l’opération. Sans compter que nous avons appris, dans le même temps, que les scouts de Templeuve pourraient aussi avoir la fausse bonne idée de proposer l’arbre de Noël à la vente. "

Mais le fleuriste est confiant. Cette polémique autour du sapin doit se terminer comme un beau conte de Noël, avant que brillent les illuminations de la fête à Templeuve.