Le cycle de formation à l’usage des réseaux sociaux emballe les commerçants estaimpuisiens.

Stéphane est photographe. Sabrina, libraire. Michel et son fils sont menuisiers. Avec neuf autres commerçants et artisans de l’entité d’Estaimpuis, ils ont pour point commun d’avoir récemment créé leur page Facebook professionnelle.

"Si la commune bénéficie, sur le plan financier, des retombées économiques d’un grand centre commercial, la préoccupation de l’échevin de l’Artisanat est de préserver, en parallèle, le commerce de proximité dans nos petites communes rurales", rappelle Quentin Huart (PS).

La fracture numérique est clairement identifiée comme étant l’un des facteurs qui met en péril le petit commerce traditionnel.

"Ce n’est pas évident de nous y mettre, car les réseaux sociaux réclament du temps et desservent parfois nos intérêts, à cause des commentaires négatifs de certains internautes", constatent Anne-Françoise et son époux, qui gèrent des gîtes ruraux à Estaimpuis.

"Mais, dans le même temps, ma page Facebook est devenue en moins de six mois un outil incontournable pour mes clientes prendre leur rendez-vous au salon", rétorque aussitôt Séverine, la coiffeuse récemment installée à Evregnies.

Mercredi soir, pour la troisième session de formation, ils étaient pas moins de treize à table.

"À chaque séance, il y a de plus en plus de monde. Au point qu’il va falloir envisager de repousser les murs pour agrandir la salle", ironise, avec une certaine satisfaction, le premier échevin estaimpuisien.

Greg, le formateur bénévole

L’initiative est parvenue, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, jusqu’à l’oreille d’un consultant français en gestion informatique.

"Je trouvais normal, en installant ma résidence à Estaimpuis, de mettre mes compétences au service de la commune", précise Greg Jarosz, qui prend ainsi, momentanément, le relais de Quentin Huart aux commandes de la formation.

Définir ses objectifs

"L’usage des réseaux sociaux est chronophage et pas toujours perçu comme rentable par les petits commerçants et artisans, du fait même qu’ils ont de la difficulté à cibler leurs objectifs", explique le professionnel de la communication numérique en entreprises.

"Ce qui importe, dès lors que chacun dispose de sa page professionnelle, c’est d’impulser les bonnes pratiques. Comme l’usage de la vidéo ou des interventions en direct lors de rendez-vous avec les clients abonnés à ces pages", lance, pour pistes de travail, Greg Jarosz.

"À l’issue de chaque formation, ce qui est motivant, c’est que l’on rentre à la boutique avec la conviction que notre investissement paiera un jour", reconnaissent de concert Anne, Fanny, Céline et Julie.

En attendant, à la menuiserie D’Haene, c’est Michel qui pousse son fils à aller de l’avant en développant l’attractivité de la société sur les réseaux sociaux. Pour assurer l’avenir du gamin et la pérennité de l’entreprise familiale.

Benoît Veys