Tournai-Ath-Mouscron La commune va saisir le Conseil d’État sur le permis octroyé à Eoly par le ministre

En 2016, Eoly, filiale verte du groupe Colruyt, avait introduit une demande de permis en vue d’exploiter quatre nouvelles éoliennes (150 m) sur le territoire de Frasnes, le long de la chaussée de Renaix.

Dans le cadre de l’enquête publique, plus de 400 lettres de réclamation sont parvenues au collège, qui a remis un avis défavorable, estimant que le parc éolien existant à Moustier (4 mâts) suffisait amplement à couvrir les besoins des ménages en matière d’énergie renouvelable.

À l’époque , les fonctionnaires du SPW en charge d’étudier le dossier s’étaient ralliés à la position des autorités communales et des opposants en refusant la délivrance des autorisations nécessaires. Le promoteur est alors allé en recours devant le ministre Di Antonio qui, voici quelques jours, a infirmé la décision de ses fonctionnaires en octroyant le permis à Eoly.

Lundi, le collège a demandé l’autorisation d’ester en justice suite au feu vert ministériel. Celui-ci a obtenu un large soutien des élus locaux pour saisir le Conseil d’État devant lequel sera déposé dans un délai de 60 jours un recours en suspension et en annulation. "Si nous arrêtons la procédure, l’investisseur peut entreprendre les travaux à tout moment", indique l’échevin Pierre Bourdeaud’huy (MR).

Alors qu’il avait eu un vent favorable avant le coup d’envoi de la séance, le chef de file de l’opposition CDH s’est dit déçu et dégoûté par le choix de son ministre.

"Ce futur parc éolien est une gifle à l’entrée du parc naturel du Pays des Collines. Les premières habitations se situent à moins de 400 m, sans compter la présence non loin de là d’une réserve naturelle et d’un site classé (le château d’Anvaing). L’argument de proximité de l’A8 ne tient pas la route", déplore Michel Delitte.B.D.