Le premier œuf a éclos le 30 avril à 8 heures et depuis, tout semble bien se passer pour la petite famille. Les parents sont parfaitement organisés et le partage des tâches ménagères est optimal. Dans un premier temps, le mâle, plus petit mais plus agile, doté d’un instinct de chasseur très poussé, s’est occupé presque exclusivement du ravitaillement en proies de la famille. La femelle, au contraire, plus grande, plus puissante et très agressive envers un intrus éventuel, a peu quitté le nichoir et s’est occupée de nourrir, de réchauffer et de protéger ses petits.

Au fil des semaines, la femelle s’autorise de plus en plus à quitter le nid pour partir en chasse ou tout simplement pour se reposer entre deux nourrissages.

Ces informations précises, nous les obtenons grâce à une caméra spécialement installée cette année. Grâce à celle-ci, nous pouvons percer les secrets de ces oiseaux nichant en haut d’une tour de l’usine CCB depuis quelques années : "Pour avoir un maximum d’informations sans risquer de les déranger, deux trappes d’accès ont été réalisées fin 2020. En 2021, nous avons ainsi pu procéder au baguage des jeunes oiseaux avec l’aide du CRIE de Mouscron. Cette année, en plus de l’opération de baguage, c’est un suivi au plus près de la nichée qui a été rendu possible avec la caméra.

Le faucon pèlerin mérite tous ces efforts. L’espèce avait disparu de la Belgique et de l’Europe début des années 1970 pour diverses raisons : destruction directe et l’utilisation massive de DDT. Cet insecticide puissant, actuellement interdit, s’accumulait progressivement dans les graisses de ce rapace et rendait les coquilles des œufs tellement fragiles que ceux-ci cassaient sous le poids de la femelle avant l’éclosion naturelle. Ce rapace est de retour en Belgique depuis 1994. On en répertorie aujourd’hui environ 250 couples.

Depuis plus de vingt ans, donc en direct à la recolonisation de cette espèce sauvage chez nous.

Chaque année, de nouvelles découvertes sont faites par les scientifiques qui suivent de près le projet : quelles proies sont prélevées ? ; quel comportement les adultes et les jeunes adoptent-ils tout au long de la saison ? Il est certain que ces oiseaux ont encore beaucoup à nous apprendre…

Les jeunes prendront bientôt leur envol. Ils seront alors âgés d’une bonne quarantaine de jours. L’apprentissage du vol et de la chasse sera opéré par les parents qui inciteront les jeunes à de plus en plus d’indépendance. C’est à cette période que le ballet aérien au-dessus de l’usine sera des plus intenses…