Lors de la séance plénière du Parlement wallon, le député Laurent Agache (Ecolo) a souhaité interpeller la ministre Morreale concernant l'intervention policière survenue le 8 octobre dernier à Tournai et visant une quarantaine de jeunes migrants.

"Ces êtres humains exilés en transit ont été délogés par la police fédérale de leur camp de fortune situé près de l'autoroute E42 à hauteur de Froyennes, détaille Laurent Agache. Leurs maigres biens de survie ont été confisqués et détruits. On peut d’ailleurs se demander si la police fédérale avait un mandat pour opérer ces destructions... Cette intervention policière n’est d’ailleurs pas une première le long de l'autoroute E42. Il y a un peu plus d’un an, une opération similaire avait été menée sur le territoire de la commune de Péruwelz."

Le député Ecolo demandait alors quel soutient concret le gouvernement wallon pouvait apporter aux communes et aux associations confrontées à ces situations de détresse humaine et qui se démènent depuis des mois pour trouver des solutions d'hébergements dignes.

La ministre ne pouvant être présente suite au Covid-19, elle a été testée positive il y a quelques jours, c'est le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), qui a répondu à la question.

Ce dernier a dans un premier temps rappelé que les cabinets des ministres Morreale et Dermagne ont reçu, en janvier, une délégation des collectifs et des associations qui se sont exprimés sur les réalités de terrain et qui ont fait part de leurs souhaits et priorités.

"Il y a eu plusieurs engagements, assure Elio Di Rupo. Tout d'abord, l'élaboration d’une circulaire à destination des CPAS pour les informer et les outiller sur la question des migrants en transit. Cette circulaire a été envoyée en septembre dernier. Ensuite, il y a eu l'interpellation de l’autorité fédérale qui reste compétente en la matière. À la fin du mois d’août, une rencontre des représentants du gouvernement fédéral et régional a eu lieu. Une seconde réunion de travail était prévue dans les prochains jours. Mais compte tenu du nouveau gouvernement, la ministre sollicite à nouveau le secrétaire d’état en charge de la migration pour relayer cette question et entrevoir des solutions."

Sur le terrain, Elio Di Rupo explique enfin que Christie Morreale préconise que l’on établisse un dialogue avec la commune, le CPAS mais aussi la police locale et fédérale, avec aussi les associations et les collectifs pour tenter de trouver une solution qui permette une gestion humaine et sereine de ces migrants. "Nous sommes là devant des personnes dont la situation n’est pas enviable du tout, qui cherchent une solution pour leur propre existence et celle de leur famille. Cela mérite un traitement humain. On espère beaucoup d’une future rencontre en associant tous les acteurs pour voir comment on peut gérer la situation."

Une réponse encourageante pour Laurent Agache qui estime cependant que la Région wallonne pourrait s'impliquer davantage dans l'aide à apporter. "Outre des apports matériels, elle peut aussi renforcer ce rôle de facilitateur entre les différents intervenants de ce dossier que sont l’état fédéral, les gouverneurs, les associations, les mandataires locaux, … Tout ça dans le but de mettre sur pied des lieux sécurisés, libres d’intervention policière, et proches de cet axe autoroutier E42, afin que ces êtres humains en transit puissent se poser, se réchauffer, se nourrir, recevoir des soins, et s’informer pour éventuellement introduire une demande d’asile."