Tournai-Ath-Mouscron La présidente du CPAS de Tournai sait que l’avenir ne s’annonce pas rose. Baisser les bras n’est cependant pas dans son caractère.

"Ce n’est pas la joie, même si on est plein de motivation." Laetitia Liénard, présidente du CPAS de Tournai, annonçait rapidement la couleur lors de la présentation du budget initial 2020 de son institution.

En effet, si on retrouvait un montant positif à l’exercice propre de près de 800 000 €, c’était malheureusement sans compter la cotisation à payer relative à la responsabilisation de pensions qui s’élève à près de 3,8 millions d’euros. Après avoir usé ses fonds de réserve, le CPAS arrive à un déficit à combler de 542 000 € qui sera compensé par la Ville en plus de la dotation de la Ville qui s’élève à un peu plus de dix millions d’euros.

La situation ne s’annonce malheureusement pas plus rose pour les années à venir. "À politique inchangée, si on laisse tout en l’état, je devrai réclamer à la Ville 2,3 millions en 2021, 3,3 millions l’année suivante, 4,1 millions en 2023 et 4,5 millions en 2024 ! L’heure est grave et ce n’est pas faute de le dire."

Le tout à cause de la cotisation de responsabilisation, le surcoût des pensions. "On la paie depuis 2013 tant à la Ville qu’au CPAS. Auparavant, on tenait le coup parce qu’on dégageait des bonis à l’exercice propre et on avait encore des fonds de réserve. Ici, on n’en a plus… Cette situation n’est pas singulière à Tournai, d’autres villes comme Liège, Charleroi ou La Louvière explosent leur dotation de la Ville vers le CPAS."

Ce n’est cependant pas le genre de la présidente du CPAS de Tournai de baisser les bras. "Le pessimisme de la connaissance n’empêche pas l’optimisme de la volonté", assure-t-elle.

Différentes actions sont prévues comme le renforcement et l’amplification de la politique d’insertion socioprofessionnelle via la mise à l’emploi par les articles 60 et 61, un monitoring régulier des dépenses, des audits (voir ci-contre) ou encore l’interpellation des autorités fédérale et régionale.

"J’ai envoyé une lettre ouverte au ministre-Président wallon, au Premier ministre et aux préformateurs royaux pour les sensibiliser aux pouvoirs locaux, aux difficultés que nous rencontrons pour exercer nos missions. Il faut stopper l’hémorragie, on ne peut plus se permettre le moins dérapage. Nous allons devoir faire une partie du chemin avec la Ville par nos actions, le fédéral et la Région devront le faire aussi."